sábado, 25 de diciembre de 2010

Paul Claudel y Ángel José Battistessa



L'Enfant-Jésus de Prague


Il neige. Le grand monde est mort sans doute. C'est décembre.
Mais qu'il fait bon, mon Dieu, dans la petite chambre !
La cheminée emplie de charbons rougeoyants
Colore le plafond d'un reflet somnolent,
Et l'on n'entend que l'eau qui bout à petit bruit.
Là-haut, sur l'étagère, au-dessus des deux lits,
Sous son globe de verre, couronne en tête,
L'une des mains tenant le monde, l'autre prête
A couvrir ces petits qui se confient à elle,
Tout aimable dans sa grande robe solennelle
Et magnifique sous cet énorme chapeau jaune,
L'Enfant-Jésus de Prague règne et trône.
Il est tout seul devant le foyer qui l'éclaire
Comme l'hostie cachée au fond du sanctuaire,
L'Enfant-Dieu jusqu'au jour garde ses petits frères.
Inentendue comme le souffle qui s'exhale,
L'existence éternelle emplit la chambre, égale
A toutes ces pauvres choses innocentes et naïves !
Quand il est avec nous, nul mal ne nous arrive.
On peut dormir, Jésus, notre frère, est ici.
Il est à nous, et toutes ces bonnes choses aussi :
La poupée merveilleuse, et le cheval de bois,
Et le mouton, sont là, dans ce coin, tous les trois.
Et nous dormons, mais toutes ces bonnes choses sont à nous !
Les rideaux sont tirés… Là-bas, on ne sait où,
Dans la neige et la nuit sonne une espèce d'heure.
L'enfant dans son lit chaud comprend avec bonheur
Qu'il dort et que quelqu'un qui l'aime bien est là,
S'agite un peu, murmure vaguement, sort le bras,
Essaye de se réveiller et ne peut pas.


PAUL CLAUDEL






El Niño Jesús de Praga

Nieva. El mundo ha muerto sin duda. Es diciembre.
¡Mas en el cuarto, oh Dios, qué grato es el ambiente!
Repleta de rojizo carbón, la chimenea
Somnolientos matices en el techo refleja,
Y sólo se oye el agua que hierve cantarina
Sobre la rinconera, entre las dos camitas,
En su nicho de vidrio, orlada la cabeza.
En una mano el mundo, y la otra mano presta
A cubrir a esos niños que en él confianza tienen,
Graciosamente amable en su manto solemne
Y magnífico bajo su dorada corona,
Reina el Niño Jesús de Praga, en plena pompa.
Está solo. El hogar de frente lo ilumina
Como a hostia en el fondo del santuario escondida,
A sus dos hermanitos el Niño-Dios vigila.
Muy queda, como aliento que se exhala suavísimo,
Toda la vida eterna va colmando el recinto,
Entre esas pobres cosas inocentes e ingenuas.
Si él está con nosotros, no sabremos de penas.
Bien podemos dormir, que Jesús nuestro hermano
Está aquí y junto a él lo que mejor amamos.
La muñeca, el caballo, el blanco carnerito,
Allí en ese rincón yacen los tres reunidos.
¡Y nosotros dormimos, pero todo eso es nuestro!
Corridas las cortinas… Un reloj a lo lejos,
En la nieve y la noche da una hora indecisa.
El niño, en la tibieza de su cama, adivina
Que duerme y que allí cerca hay alguien que lo quiere.
Se agita, balbucea, un bracito distiende.
Intenta despertarse — intenta, mas no puede.


Traducción de ÁNGEL JOSÉ BATTISTESSA

jueves, 16 de diciembre de 2010

Pablo Neruda, Claude Couffon y Donald D. Walsh


TU RISA

Quítame el pan, si quieres,
quítame el aire,
pero no me quites tu risa.

No me quites la rosa,
la lanza que desgranas,
el agua que de pronto
estalla en tu alegría,
la repentina ola
de planta que te nace.

Mi lucha es dura y vuelvo
con los ojos cansados
a veces de haber visto
la tierra que no cambia,
pero al entrar tu risa sube
al cielo buscándome
y abre para mí todas
las puertas de la vida.

Amor mío, en la hora
más oscura desgrana
tu risa, y si de pronto
ves que mi sangre mancha
las piedras de la calle,
ríe, porque tu risa
será para mis manos
como una espada fresca.

Junto al mar en otoño,
tu risa debe alzar
su cascada de espuma,
y en primavera, amor,
quiero tu risa como
la flor que yo esperaba,
la flor azul, la rosa
de mi patria sonora.

Ríete de la noche,
del día, de la luna,
ríete de las calles
torcidas de la isla,
ríete de este torpe
muchacho que te quiere,
pero cuando yo abro
los ojos y los cierro,
cuando mis pasos van,
cuando vuelven mis pasos,
niégame el pan, el aire,
la luz, la primavera,
pero tu risa nunca
porque me moriría.


TON RIRE

Tu peux m’ôter le pain
m’ôter l’air, si tu veux,
ne m’ôte pas ton rire.
ne m’ôte pas la rose
ni l’eau qui brusquement éclate
dans ta joie,
ni la vague d’argent
qui déferle de toi.

De ma lutte si dure,
je rentre les yeux las
quelquefois d’avoir vu 
la terre qui ne change,
mais dès le seuil ton rire
monte au ciel me cherchant
et ouvrant pour moi
toutes les portes de la vie.

À l’heure la plus sombre
égrène, mon amour, ton rire,
et si tu vois mon sang
tacher soudain les pierres de la rue,
ris ! aussitôt ton rire 
se fera pour mes mains
fraîche lame d’épée.

Dans l’automne marin
fais que ton rire dresse
sa cascade d’écume,
et au printemps, amour,
que ton rire soit 
comme la fleur que j’attendais,
la fleur guède,
la rose de mon pays sonore.

Moque-toi de la nuit,
du jour et de la lune,
moque-toi de ces rues
divagantes de l’île,
moque-toi de cet homme,
amoureux maladroit,
mais lorsque j’ouvre, moi,
les yeux ou les referme,
lorsque mes pas s’en vont,
lorsque mes pas s’en viennent,
refuse-moi le pain, l’air,
l’aube, le printemps,
mais ton rire jamais
car alors j’en mourrais.

Traducción de CLAUDE COUFFON

Ton rire de Pablo Neruda lu par CÉLINE SAMI de la Comédie française


 YOUR LAUGHTER

Take bread away from me, if you wish,
take air away, but
do not take from me your laughter.

Do not take away the rose,
the lanceflower that you pluck,
the water that suddenly
bursts forth in your joy,
the sudden wave
of silver born in you.

My struggle is harsh and I come back
with eyes tired
at times from having seen
the unchanging earth,
but when your laughter enters
it rises to the sky seeking me
and it opens for me all
the doors of life.

My love, in the darkest
hour your laughter
opens, and if suddenly
you see my blood staining
the stones of the street,
laugh, because your laughter
will be for my hands
like a fresh sword.

Next to the sea in the autumn,
your laughter must raise
its foamy cascade,
and in the spring, love,
I want your laughter like
the flower I was waiting for,
the blue flower, the rose
of my echoing country.

Laugh at the night,
at the day, at the moon,
laugh at the twisted
streets of the island,
laugh at this clumsy
boy who loves you,
but when I open
my eyes and close them,
when my steps go,
when my steps return,
deny me bread, air,
light, spring,
but never your laughter
for I would die.

Traducción de DONALD D. WALSH

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viernes, 10 de diciembre de 2010

La endecha de Rutebeuf

Poco sabemos de Rutebeuf. Nacido en Champaña, vivió en París en la segunda mitad del siglo XIII. Fue un menestrel que hacía trabajos de encargo y que vivía de su canto. Su nombre no es sino un seudónimo formado de "mudo" y "buey".
La poesía de Rutebeuf, juglaresca o devota, está hecha no para el canto sino para la recitación. El caracter autobiográfico de sus versos hace de él uno de los poetas más modernos de toda la Edad Media. Su obra es la de un poeta lírico que refleja todos los aspectos de su tiempo. Una obra que nos habla, a menudo y en términos conmovedores, del sufrimiento de la vida cotidiana.

La complainte Rutebeuf

Ne covient pas que vous raconte,
Comment je me sui mis a honte
Car bien avez oï le conte
En quel maniere
Je pris ma fame darreniere,
Qui bele ne gente nen iere.
Lors nasqui paine
Qui dura plus d'une semaine,
Qu'el commença en lune plaine.
Or entendez,
Vous qui rime me demandez,
Comment je me sui amendez
De fame prendre.
Je n'ai qu'engagier ne que vendre,
Que j'ai tant eü a entendre
Et tant a fere
(Quanques j'ai fet est a refere)
Que, qui le voudroit retrere,
Il durroit trop.
Diex m'a fet compaignon a Job,
Qu'il m'a tolu a un seul cop
Quanques j'avoie.
De l'ueil destre, dont miex veoie,
Ne voi je pas aller la voie
Ne moi conduire.
A ci dolor dolente et dure,
Qu'a miedi m'est nuiz obscure
De celui œil.
Or n'ai je pas quanques je vueil,
Ainz sui dolenz et si me dueil
Parfondement,
C'or sui en grant afondement
Se par cels n'ai relevement
Qui jusqu'à ici
M'on secoru, la lor merci.
Le cuer en ai triste et noirci
De cest mehaing,
Quar je n'i voi pas mon gaaing.
Or n'ai je pas quanques je haing:
C'est mes dommages.
Ne sai se ç'a fet mes outrages;
Or devendrai sobres et sages
Aprés le fet
Et me garderai de forfet;
Més ce que vaut quant c'est ja fet?
Tart sui meüs,
A tart me sui aparceüs
Quant je sui ja es las cheüs
C'est premier an.
Me gart cil Diex en mon droit san
Qui por nous ot paine et ahan,
Et me gart l'ame!
Or a d'enfant geü ma fame;
Mon cheval a brisié la jame
A une lice;
Or veut de l'argent ma norrice,
Qui m'en destraint et me pelice
Por l'enfant pestre,
Ou il revendra brere en l'estre.
Cil Damediex qui le fist nestre
Li doinst chevance
Et li envoit sa soustenance
Et me doinst encore alejance
Qu'aidier li puisse,
Que la povretez ne me nuise
Et que miex son vivre li truise
Que je ne fais!
Se je m'esmai je n'en puis mais,
C'or n'ai ne dousaine ne fais,
En ma meson,
De busche por ceste seson.
Si esbahiz ne fu més hom
Com je sui, voir,
C'onques ne fui a mains d'avoir.
Mes ostes veut l'argent avoir
De son osté,
Et j'en ai presque tout osté,
Et si me sont nu li costé
Contre l'yver.
Cist mot me sont dur et diver,
Dont moult me sont changié li ver
Envers antan;
Por poi n'afol quant g'i entan.
Ne m'estuet pas taner en tan,
Quar le resveil
Me tane azzez quand je m'esveil;
Si ne sai, se je dorm ou veil
Ou se je pens,
Quel part je penrai mon despens
Par quoi puisse passer le tens:
Tel siecle ai gié.
Mi gage sont tuit engagié,
Et de chiés moi desmanagié,
Car j'ai geü
Trois mois que nului n'ai veü
Ma fame ra enfant eü
C'un mois entier
Ma ra geü sor le chantier.
Je me gisoie endementier
En l'autre lit,
Ou j'avoie pou de delit.
Onques més mains ne m'abelit
Gesir que lors,
Quar j'en sui de mon avoir fors
Et s'en sui mehaigniez du cors
Jusqu'au fenir.
Li mal ne sevent seul venir;
Tout ce m'estoit a avenir,
S'est avenu.
Que sont mi ami devenu
Que j'avoie si pres tenu
Et tant amé?
Je cuit qu'il sont trop cler semé;
Il ne furent pas bien femé,
Si sont failli.
Itel ami m'ont mal bailli,
C'onques, tant com Diex m'assailli
En maint costé,
N'en vi un seul en mon osté.
Je cuit li vens les a osté,
L'amor est morte.
Ce sont ami que vens enporte,
Et il ventoit devant ma porte
Ses enporta,
C'onques nus ne m'en conforta
Ne du sien riens ne m'aporta.
Ice m'aprent
Qui auques a, privé le prent;
Més cil trop a tart se repent
Qui trop a mis
De son avoir por fere amis,
Qu'il ne trueve entiers ne demis
A lui secorre.
Or lerai donc fortune corre
Si entendrai a moi rescorre
Se jel puis fere.
Vers mes preudommes m'estuet trere
Qui sont cortois et debonere
Et m'on norri.
Mi autre ami sont tuit porri:
Je les envoi a mestre Orri
Et se li lais.
On en doit bien fere son lais
Et tel gent lessier en relais
Sanz reclamer,
Qu'il n'a en els rien a amer
Que l'en doie a amor clamer.
Or pris Celui
Qui trois parties fist de lui,
Qui refuser ne set nului
Qui le reclaime,
Qui l'aeure et seignor le claime,
Et qui cels tempte que il aime,
Qu'il m'a tempté,
Que il me doinst bone santé,
Que je face sa volenté
Tout sanz desroi.
Monseignor qui est filz de roi
Mon dit et ma complainte envoi,
Qu'il m'est mestiers,
Qu'il m'a aidié moult volentiers:
Ce est li bons quens de Poitiers
Et de Toulouse;
Il savra bien que cil goulouse
Qui si fetement se doulouse.

Explicit la complainte Rustebuef.


La endecha de Rutebeuf

No es necesario que os cuente
Cómo en vergüenza me he puesto,
Ya que habéis escuchado el cuento
De qué manera
Tomé mujer últimamente
Que no era fácil ni bella,
Cuando nació la pena
Que duró más de una semana
Ya que empezó con luna llena.
Escuchad, pues,
Vosotros que rimas pedís,
Como me ha mejorado
Mujer haber.
Para empeñar o vender nada más tengo,
A tantas cosas tuve que responder
Y tanto hacer
(Que cuanto he hecho hay que rehacer)
Que si quisiera todo contarlo
Largo sería.
De mí el amigo de Job Dios hizo,
Que de una vez me arrancó todo
Lo que tenía.
Mi ojo derecho que más veía
Ya no ve cómo sigue el camino
Ni conducirme.
Ay, qué dolor doliente y duro
Que a mediodía sea noche obscura
Para mis ojos.
Ahora no tengo cuanto yo quiero,
Pero doliente y así sufriendo
Profundamente
Ya que en miseria extrema estoy
Si a ayudarme no se deciden
Los que hasta aquí
Me han socorrido con su merced.
El triste corazón ennegrecido tengo
De enfermedad
Ya que no veo ganancia alguna.
Nada yo tengo de lo que amo,
Es mi tristeza.
No sé si ha sido por mis excesos;
He de volverme sobrio y medido
Después del hecho,
Y comenzar una vez más lo evitaré.
¿Mas de qué sirve si ya esta hecho?
Tarde he cambiado
Ya tarde me he dado cuenta
Que en la trampa ya estaba
El primer año.
Que en mi cordura Dios me conserve
Que por nosotros tanto penó y que mi alma
Dios la proteja.
Por causa de un niño mi mujer gime,
Mi caballo contra la empalizada
Se quebró una pata
Y para amamantar la nodriza exige
Que le dé más dinero y así me deja
Sin piel ni abrigo
Para no oír al niño en casa.
Que el Buen Dios que lo trajo al mundo
Le dé alimento,
Que le conceda su subsistencia
Y que mis penas a mí me alivie
Para ayudarlo,
Que la pobreza no me lastime
Y que su pan pueda encontrar
Mejor que yo.
Aunque yo tiemble nada yo puedo,
Ahora en mi casa nada yo tengo
Y ni siquiera para el invierno
Fuego yo tengo.
Sólo pensarlo me hace temblar
Puesto que en casa ahora no tengo
Ni algunos leños
Para encenderlos en el invierno.
Nadie acosado nunca así estuvo
Como lo estoy.
El alquiler exige el propietario
Que se lo pague.
Casi todo vendí en mi casa,
Para encima echarme nada tengo
En el invierno.
Duras y amargas son mis palabras,
Tanto han cambiado después de un año
Todos mis versos.
No entiendo cómo no me enloquezco
Cuando lo pienso, inútil es
Cuando despierto
La piel teñirme, negro me pone
Despertar y no sé si duermo o velo
O si yo pienso
En cómo hacer para gastar menos,
Pasar el tiempo: esta es la vida
Que ahora llevo
De mi dinero nada me queda
Y de mi casa ya me he mudado
Ya que he yacido
Tres largos meses y a nadie he visto,
Y mi mujer que un niño tuvo
Durante un mes
Entero casi rozó la muerte
Mientras yacía yo por mi lado
En la otra cama
Donde delicia poca encontraba.
Nunca he tenido menos placer
Que entonces tuve,
Ya que perdía mucho dinero
Y se amenguaba el cuerpo mío
Hasta el final.
Solos no saben venir los males,
Lo que tenía que suceder
Me sucedió.
¿Mis amigos adónde fueron
que tan cerca tuve de mí
y tanto amé?
Demasiado pienso que el tiempo
Los amenguó. Muy firmes no eran
Si los perdí.
Esos amigos me maltrataron
Ya que en el tiempo que Dios también
Por todos lados
Me maltrató, venir a verme ninguno vi.
Pienso que el tiempo los dispersó,
Amor ha muerto.
A esos amigos se llevó el viento
Que soplaba junto a mi puerta,
Y tan bien se los llevó
Que ya nadie me consoló
Y que ayuda nadie me dió.
Esto me enseña
Que nuestros bienes usa el amigo
Y ya muy tarde nos damos cuenta
Que demasiado
Hemos gastado por los amigos,
Que en la desgracia nunca hay ninguno
Que nos socorra.
Dejaré pues que la Fortuna
Siga rodando mientras yo pienso
Cómo salvarme.
Iré a implorar a protectores
Que de comer amablemente
Siempre me dieron.
Otros amigos ya se pudrieron,
Al basurero ya los envío
Y allí los dejo,
Que renunciar hay que aprender
A gente tal y abandonarla, sin pedir nada,
Dejarla atrás.
Nada hay en ellos que amar yo pueda
Ni que el amor de mí reclame.
Le ruego entonces
A aquel que es siendo tres uno
Y que a nadie que lo reclame
Sabe negarse
Que lo proclama señor y dueño,
A aquel que tienta a quienes ama,
Tal es mi caso,
Que mi salud conserve entera
Y que yo haga sin descansar
Su voluntad.
A mi señor, hijo del Rey,
Mi verso envío y mi dolor
Ya que a menudo
Me ayudó mucho de buena gana;
Es de Poitiers el conde bueno
Y de Tolosa;
El sabrá bien qué necesita
El pobre hombre que sufre tanto.


Traducción de Miguel Ángel Frontán

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sábado, 4 de diciembre de 2010

René Ghil : Viniendo tarde en la noche


En m'en venant au tard de nuit...

En m'en venant au tard de nuit
se sont éteintes les ételles :
ah ! que les roses ne sont-elles
tard au rosier de mon ennui
et mon Amante, que n'est-elle
morte en m'aimant dans un minuit.


Pour m'entendre pleurer tout haut
à la plus haute nuit de terre
le rossignol ne veut se taire :
et lui, que n'est-il moi plutôt
et son Amante ne ment-elle
et qu'il en meure dans l'ormeau.


En m'en venant au tard de nuit
se sont éteintes les ételles :
vous lui direz, ma tendre Mère,
que l'oiseau aime à tout printemps.
Mais vous mettrez le tout en terre
mon seul amour et mes vingt ans...


RENÉ GHIL





Viniendo tarde en la noche...

Viniendo tarde en la noche se apagaron
Los restos de madera: 
¡Ay! ¿Por qué, tardías, las rosas
En el rosal no florecen de mi tormento,
Por qué, amándome, no supo
A medianoche morir mi amante?

Para oir como lloro a gritos,
En la más profunda noche de tierra,
El ruiseñor callar no quiere.
¿Y por qué no habría yo de ser él,
Su amante acaso no miente y por ella
Él en el olmo no muere?

Viniendo tarde en la noche se apagaron
Los restos de madera:
Tú les dirás, Madre tierna,
Que el pájaro ama siempre en primavera. 
Mi único amor, mis veinte años
Juntos pondrás en la tierra...


Traducción de Miguel Ángel Frontán


miércoles, 1 de diciembre de 2010

Paul Verlaine y Manuel Machado 2




Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même,
Ni tout à fait une autre, qui m'aime et me comprend.

Car elle me comprend et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seul, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, si calme et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.


PAUL VERLAINE

Mon rêve familier lu par FRANÇOIS PÉRIER


Mi sueño familiar

Tengo a menudo el sueño extraño y penetrante,
de una desconocida a quien amo y que me ama
y que no es siempre ni la misma del todo
ni por completo otra y me ama y me comprende.

Porque ella me comprende, y mi corazón transparente
para ella sola ¡ay! deja de ser un problema,
para ella sola y la mador de mi frente pálida
sólo ella sabe refrescarla llorando.

¿Es morena, rubia o roja? Lo ignoro.
¿Su nombre? Recuerdo que es dulce y sonoro
como el de las amadas que desterró la vida.

Su mirada es semejante al mirar de las estatuas
y su voz lejana y tranquila y grave, tiene
la inflexión de las voces queridas que han callado.

MANUEL MACHADO


jueves, 25 de noviembre de 2010

Robert de Montesquiou y Luis Antonio de Villena



AVIS

Vous qui n'aimez que l'air des ravissantes roses,
Évitez ce jardin où n'en fleurit que peu ;
Où l'exhortation de l'hortensia bleue,
Frileuse, épanouit ses corymbes moroses.

Des hortensias bleues dont la lumière est feue
Faisant honte à l'abeille et peur aux passereaux,
Et n'attirant, autour du front de ses héros,
Que des chauves-souris tout au long d'une lieue.

Essaims mystérieux, énigmatiques fleurs ;
Boules de neige glauque et libellule atroce ;
Abeille de silence, aux rayons sans couleurs,

Qui compose son miel solitaire et féroce
Au massif où la lune a laissé ses pâleurs
Tomber, du haut des cieux, de son blême carrosse.

ROBERT DE MONTESQUIOU


ADVERTENCIA

Tú que gustas sólo el aire encantador de las rosas,
evita este jardín en que florecen poco;
donde la exhortación de la hortensia azul,
friolenta, expande sus corimbos morosos.

Las hortensias azules cuya luz está muerta
para vergüenza de la abeja y pavor del gorrión,
y no atraen, sobre la frente de sus héroes,
sino murciélagos a lo largo de una legua.

Enjambres misteriosos, enigmáticas flores;
bolas de nieve glauca y libélula atroz;
abeja de silencio, de rayos sin color,

que fabrica su miel solitaria y feroz
en el parterre en que la luna dejó su palor
caer, alto cielo, de su pálida carroza.

Versión de LUIS ANTONIO DE VILLENA

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miércoles, 17 de noviembre de 2010

Stéphane Mallarmé y Ángel José Battistessa



Les fenêtres

Las du triste hôpital, et de l’encens fétide
Qui monte en la blancheur banale des rideaux
Vers le grand crucifix ennuyé du mur vide,
Le moribond surnois y redresse un vieux dos,

Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture
Que pour voir du soleil sur les pierres, coller
Les poils blancs et les os de la maigre figure
Aux fenêtres qu’un beau rayon clair veut hâler,

Et la bouche, fiévreuse et d’azur bleu vorace,
Telle, jeune, elle alla respirer son trésor,
Une peau virginale et de jadis ! encrasse
D’un long baiser amer les tièdes carreaux d’or.

Ivre, il vit, oubliant l’horreur des saintes huiles,
Les tisanes, l’horloge et le lit infligé,
La toux ; et quand le soir saigne parmi les tuiles,
Son œil, à l’horizon de lumière gorgé,

Voit des galères d’or, belles comme des cygnes,
Sur un fleuve de pourpre et de parfums dormir
En berçant l’éclair fauve et riche de leurs lignes
Dans un grand nonchaloir chargé de souvenir !

Ainsi, pris du dégoût de l’homme à l’âme dure
Vautré dans le bonheur, où ses seuls appétits
Mangent, et qui s’entête à chercher cette ordure
Pour l’offrir à la femme allaitant ses petits,

Je fuis et je m’accroche à toutes les croisées
D’où l’on tourne l’épaule à la vie, et, béni,
Dans leur verre, lavé d’éternelles rosées,
Que dore le matin chaste de l’Infini

Je me mire et me vois ange ! et je meurs, et j’aime
— Que la vitre soit l’art, soit la mysticité —
À renaître, portant mon rêve en diadème,
Au ciel antérieur où fleurit la Beauté !

Mais, hélas ! Ici-bas est maître : sa hantise
Vient m’écœurer parfois jusqu’en cet abri sûr,
Et le vomissement impur de la Bêtise
Me force à me boucher le nez devant l’azur.

Est-il moyen, ô Moi qui connais l’amertume,
D’enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m’enfuir, avec mes deux ailes sans plume
— Au risque de tomber pendant l’éternité ?

STÉPHANE MALLARMÉ


Las ventanas

Harto del hospital y del incienso fétido
Que asciende en la blancura trivial de las cortinas
Hacia la cruz hastiada del muro soledoso,
Sus espaldas levanta el hombre en agonía,

Se arrastra y va, no tanto por entibiar sus llagas
Cuanto por ver el sol más cercano, a pegarse,
Con las canas y huesos de su magra figura,
Al cristal reluciente de grandes ventanales,

Y la boca afiebrada, de azur azul ansiosa,
Tal, joven respiraba su placer más valioso
—¡Una piel virginal y de otro tiempo!—, empaña
Con largo beso amargo los tibios vidrios de oro.

¡Ebrio, vive, olvidando el horror de los óleos,
El reloj, las tisanas, y hasta el lecho infligido,
La tos; cuando la tarde sangra sobre las tejas,
Su ojo, en el horizonte rebosante de brillo,

Ve galeras de oro, hermosas como cisnes,
Dormidas sobre un río de púrpura y fragancia,
Meciendo los reflejos leonados de sus líneas
En una gran pereza cargada de nostalgia!

Así, con repugnancia por el hombre insensible,
Encenagado en goces en que sus apetitos
Comen únicamente, y que aún busca ese lodo
Para darlo a la madre que amamanta a sus hijos,

Huyo, huyo y me aferro a todas las ventanas
Donde se da la espalda al vivir, bendecido,
En su vidrio, lavado por rocíos eternos
Que dora la mañana casta del Infinito.

Me miro y me veo ángel, desfallezco y deseo
—Que el vidrio sea el arte, o sea el misticismo—
Renacer ostentando mi sueño cual diadema
En el cielo anterior de Belleza florido.

Mas ¡ay! El Aquí-abajo es el amo: su trato
Suele asquearme a menudo hasta en esta quietud,
Y con su impuro vómito la Estupidez me obliga
A tapar mis narices delante del azur.

¿Hay algún medio, oh Yo que conoces la angustia,
De hundir lo que ya el mosntruo ha insultado —el cristal—
Y de huir en seguida, con mis alas sin plumas,
A riesgo de caer toda la eternidad?

Traducción de ÁNGEL JOSÉ BATTISTESSA

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sábado, 6 de noviembre de 2010

Jean Grosjean: El cántico de Débora


Cantique de Débora

Les guerriers d'Israël ont délié leurs cheveux
Le peuple du Seigneur s'est offert au combat
Rois écoutez, Princes prêtez l'oreille :
Je vais chanter l'exploit de l'Éternel.

Éternel, quand tu vins de la montagne
Et marchas par les champs, le sol trembla,
Le ciel s'ouvrit, la nue fondit en pluies.
Les monts ont vacillé à ton aspect,
Les monts, à l'aspect du Dieu d'Israël.

Les chemins sous Shâmgar étaient déserts,
Les voyageurs filaient par des sentiers,
Les bras chômaient en Israël, les bras chômaient
Jusqu'au jour où toi tu t'es levée, Débora
Où toi tu t'es levée, ô mère en Israël.

Pas même un bouclier pour cinq cités,
Pas un épieu pour quarante mille hommes.
Mais tout mon coeur aux chefs d'Israël qui luttèrent.
Au peuple qui s'est levé pour combattre.

Chantez Dieu, chevaucheurs d'ânesses blanches
Et vous, piétons de tous chemins, chantez :
La victoire de Dieu se clame aux abreuvoirs
Tandis qu'on y partage le butin.

Éveille-toi, éveille-toi, ô Débora,
Et fais lever ton peuple par milliers.
Allons Barac, saisis ceux qui t'on pris.
Qu'Israël descende en troupe à ses portes,
Le peuple du Seigneur, comme un héros.

Tout Éphraïm est là, dans la vallée.
À ses côtés son frère Benjamin.
Chefs de Makir, bergers de Zabulon
Les ont rejoints armés de leurs bâtons.
Les princes d'Issacar sont avec Débora
Et Nephtali s'élance après Barac.

Mais Ruben délibère aux bords de ses ruisseaux.
Pourquoi est-tu resté dans tes enclos
À écouter les flûtes des bergers ?
Ruben, près des ruisseaux, quels débats dans ton coeur !

Galaad s'est couché derrière le Jourdain.
Et pourquoi Dan est-il si loin sur ses navires ?
Aser se repose aussi dans ses criques.

C'est Zabulon qui affronta la mort.
C'est Nephtali qui lutta dans les champs.
Les rois sont venus là se ranger en bataille.
Les rois de Canaan ont livré le combat
Près de Tanac, aux eaux de Meggido,
Mais ils n'ont guère emporté de butin !

Les astres, des sentiers du ciel, ont combattu,
De la hauteur, combattu Siséra.
Le torrent du Kisôn a balayé,
Torrent sacré, le torrent du Kisôn !
Les sabots des chevaux ont martelé le sol :
Le galop, le galop des cavaliers en fuite !

Ah ! maudit soit Méroz, dit l'Ange du Seigneur,
Maudissez, maudissez ses habitants :
Ils n'étaient pas au combat du Seigneur,
Au combat de Dieu, parmi les héros.
Mais bénie soit Jaël entre toutes les femmes,
Bénie soit-elle entre celles des tentes.

Il demandait de l'eau, elle a donné du lait,
Dans la coupe d'honneur elle offrit de la crème.
Elle a tendu sa main vers un piquet
Et de sa droite elle a pris le marteau

Et frappé Siséra, brisé sa tête,
Percé sa tempe et fracassé son crâne.
Et il lui est tombé entre les pieds,
Il s'est affaisé, il s'est étendu,
Il s'est couché, le voilà qui gît mort.

Penchée à sa fenêtre à travers le treillis
La mère de Siséra le guettait :
"Pourquoi son char tarde-t-il à venir ?
"Pourquoi n'entends-je pas son attelage ?"

La plus sage de ses princesses lui répond
Et elle-même en secret se répète :
"Ils ont tant de butin à partager !
"Une fille ou deux filles par guerrier,
"Un tissu teint ou deux pour Siséra,
"Un tissu brodé, deux pour ses épaules."

Qu'ainsi, Seigneur, tes ennemis périssent
Et que celui qui t'aime ait l'éclat du soleil
Quand il se lève dans sa force.


JEAN GROSJEAN (Les prophètes, 1955)



Cántico de Débora

Y aquel día cantó Débora y Barac hijo de Abinoam diciendo:

Porque ha vengado las injurias de Israel, porque el pueblo se ha ofrecido de su voluntad, load a Jehová.

Oid reyes; estad atentos príncipes, yo cantaré a Jehová, diré salmos a Jehová Dios de Israel.

Cuando saliste de Seir, oh Jehová, cuando te apartaste del campo de Edom, la tierra tembló, y los cielos distilaron, y las nubes gotearon aguas.

Los montes se derritieron delante de Jehová, aqueste Sinaí, delante de Jehová Dios de Israel.

En los días de Samgar hijo de Anath, en los días de Jahel cesaron los caminos, y los que andaban por las sendas se apartaban por sendas torcidas.

Las aldeas habían cesado en Israel, habían cesado; hasta que yo Débora me levanté, me levanté madre en Israel.

En escogiendo nuevos dioses la guerra estaba a las puertas; ¿si se veía escudo o lanza entre cuarenta mil en Israel?

Mi corazón es a los príncipes de Israel, a los voluntarios en el pueblo, load a Jehová.

Los que cabalgáis en asnas blancas, los que presidís en juicio, y los que is camino, hablad.

A causa del estruendo de los flecheros, quitado de entre los que sacan las aguas, allí recuenten las justicias de Jehová, las justicias de sus aldeas en Israel. Ahora el pueblo de Jehová descenderá a las puertas.

Levántate, levántate Débora, levántate, levántate; di canción. Levántate Barac y lleva tus cautivos, hijo de Abinoam.

Ahora ha hecho que el que quedó del pueblo señoree los magníficos; Jehová me hizo enseñorear sobre los fuertes.

De Efraín salió su raíz contra Amalec; tras ti vino Benjamín contra tus pueblos. De Maquir descendieron príncipes, y de Zabulón los que solían tratar sinzel de escriba.

Príncipes también de Isacar fueron con Débora; y también Isacar como Barac se puso a pie en el valle; dee las divisiones de Rubén son grandes las disputas del corazón.

¿Por qué te quedaste entre las majadas para oír los silbos de los rebaños? De las divisiones de Rubén grandes son las disputas del corazón.
Galaad se quedó de la otra parte del Jordán, y Dan ¿por qué habitó cabe los navíos? Aser se asentó a la ribera de la mar y en sus quebraduras se quedó.

El pueblo de Zabulón puso su vida a la muerte y Nefatlí en las alturas del armada.

Vinieron reyes y pelearon, entonces pelearon los reyes de Canaán en Thane junto a las aguas de Magedo, mas ninguna ganancia de dinero llevaron.

De los cielos pelearon, las estrelas desde sus caminos pelearon contra Sísara.

El arroyo de Cisón los barrió, el arroyo de las antigüedades, el arroyo de Cisón, pisaste, oh ánima mía, con fortaleza.

Las uñas de los caballos se embotaron entonces, por los encuentros, los encuentros de sus valientes.

Maldecid a Meros, dijo el ángel de Jehová; maldecid con maldición a sus moradores, porque no vinieron en socorro a Jehová, en socorro á Jehová contra los fuertes

Bendita sea sobre las mujeres Jahel la mujer de Heber Cineo, sobre las mujeres sea bendita en la tienda.

Él pidió agua y ella le dio leche, en tazón de nobles le presentó manteca.

Su mano tendió al estaca y su diestra al mazo de trabajadores, y majó a Sísara, quitole la cabeza, hirió y pasó sus sienes.

Cayó encorvado entre sus pies, quedó tendido, entre sus pies cayó encorvado, donde se encorvó allí cayó muerto.

La madre de Sísara asomándose a la ventana aúlla, mirando por entre las rejas, diciendo: ¿Por qué se detiene tu carro, que no viene? ¿Por qué tardan las ruedas de sus carros?

Las sabias mujeres de sus príncipes le respondían, y aun a sí misma se respondía:

¿No han hallado despojos y los están repartiendo? A cada uno una moza o dos, los despojos de colores a Sísara, los despojos bordados de colores, la ropa de color bordada de ambas partes, para el cuello del despojo.

Ansí perezcan todos tus enemigos, oh Jehová, mas los que lo aman, sean como el Sol cuando nace en su fortaleza.


Versión de CASIODORO DE REINA (Biblia del Oso, 1569)

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domingo, 24 de octubre de 2010

Villon, Swinburne y Rubén Abel Reches



Dos estrofas del Testamento


Et meure Paris ou Helene,
Quiconque meurt, meurt a douleur
Telle qu'il perd vent et haleine;
Son fiel se creve sur son cœur,
Puis sue, Dieu sait quel sueur!
Et n'est qui de ses maux l'allege:
Car enfant n'a, frere ne sœur
Qui lors vousit être son pleige.

La mort le fait fremir, palir,
Le nez courber, les veines tendre,
Le col enfler, la chair mollir,
Jointes et nerfs croître et étendre.
Corps femenin, qui tant es tendre,
Poly, souef, si précieux,
Te faudra il ces maux attendre?
Oui, ou tout vif aller es cieux.



Fragment on Death

And Paris be it or Helen dying,
Who dies soever, dies with pain.
He that lacks breath and wind for sighing,
His gall bursts on his heart; and then
He sweats, God knows what sweat!--again,
No man may ease him of his grief;
Child, brother, sister, none were fain
To bail him thence for his relief.

Death makes him shudder, swoon, wax pale,
Nose bend, veins stretch, and breath surrender,
Neck swell, flesh soften, joints that fail
Crack their strained nerves and arteries slender.
O woman's body found so tender,
Smooth, sweet, so precious in men's eyes,
Must thou too bear such count to render?
Yes; or pass quick into the skies.


XL

Y así sea Paris o Helena,
el que muere, muere sufriendo:
sobre su corazón estalla
su propia hiel, pierde el aliento;
después suda ¡Dios, qué sudores!
y nadie puede socorrerlo,
que entonces no hay hijo ni hermano
que le quiera canjear el cuerpo.

XLI

La muerte lo hace temblar, lívido,
le hincha las venas, le hincha el cuello,
le afloja la carne, le agranda
los tendones que unen los huesos...
¡Oh, tierno cuerpo femenino!
¿Deberás sufrir tal tormento?
¿Tú, pulido, dulce y precioso?
Sí, o subir vivo a los cielos.

RUBÉN ABEL RECHES

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viernes, 15 de octubre de 2010

Jules Barbey d´Aurevilly y Teresa de Jesús



SAINTE TÉRÈSE

Sainte Térèse est toujours pour l’imagination ou l’ignorance française le fameux portrait de Gérard ; la belle Sainte à genoux, avec sa blancheur de rose macérée, son œil espagnol qui garde, sous la neige du calme bandeau, un peu trop de cette mélancolie, qui ne vient pas de Dieu, car il n’en vient nulle mélancolie, et ces mains de fille noble qui, jointes très correctement sur le sein, disent aussi un peu trop à la bure sur laquelle elles tranchent, qu’elles étaient faites pour la pourpre. Telle est la Térèse de Gérard. Peinte pour Chateaubriand et pour la société qui était redevenue chrétienne en lisant le Génie du christianisme, c’est la Sainte Térèse de ce livre rhétorico-religieux, mais ce n’est pas la Térèse de la Tradition espagnole et de l’histoire. [...].

En effet, fermez cette poitrine entr’ouverte. Essuyez la sueur de sang qui perle au lin de ce bandeau. Tarissez ces larmes dans ces yeux pâmés vers le Ciel, et qui, fermes et attentifs, redescendent tout à coup su la terre, et vous avez la seconde grandeur de Sainte Térèse, vous avez la Térèse des Fondations ! La Térèse des Fondations et la Marthe de la Volonté, calme et toute-puissante, après la Marie de l’Amour, après la Marie des Sept-Douleurs et des Sept-Joies ! La Térèse des Fondations est une des plus majestueuses femmes d’Etat qui se soient assises par terre ou sur un escabeau, au lieu de s’asseoir sur un trône ! [...]

Si des hommes comme Cuvier et Geoffroy Saint-Hilaire sont des colosses d’investigation et de profondeur dans les sciences naturelles, dans le monde extérieur de la vie, une Sainte Térèse est un colosse du même ordre, à l’opposite de ces sciences, dans le monde interne de la spiritualité. Elle a percé, comme eux ont percé dans leur sphère. Elle a retourné les racines du cœur en nous étalant le sien. Ce n’était pas uniquement, comme ceux qui ne l’ont pas lue ont la bonté de le concéder, une femme supérieure par l’imagination, par la disposition poétique, exaltée par la prière et trouvant dans l’échauffante macération de la Règle et du Cloître l’expression embrasée qui ressemble chez elle à un encensoir inextinguible, le cri qui épouvante presque tous les cœurs et qui fait croire que le Génie a des rugissements comme l’Amour ! Non, elle était encore la femme puissamment rassise dans la raison, quand l’Extase, qui enlève l’esprit au ciel et ce corps de boue volatilisé dans les airs, la lâchait et la mettait par terre C’était une grande scrutatrice humaine, un esprit trempé et aiguisé pour découvrir. Cette Voyante en tout ne voyait pas que le monde surnaturel. Elle voyait l’autre aussi. Elle plongeait dans les ténèbres des âmes pour elle transparentes. Il fallait qu’elle les sût pour les conduire, cette grande Directrice, qui les a conduites et soumises à un gouvernement inconnu des hommes, —le gouvernement de l’Amour ! Sa vie, comme elle nous l’a laissée, cette longue poésie écrite tout en élans, est un des plus beaux livres assurément de la littérature espagnole, mais elle est aussi le plus beau traité de psychologie appliquée qu’il y ait dans quelque littérature que ce soit.





SANTA TERESA

Santa Teresa, para la imaginación o la ignorancia francesa, continúa siendo el famoso retrato de Gérard; la hermosa Santa de rodillas, con su blancura de rosa macerada, con sus ojos españoles que conservan, bajo la nieve del calmo velo, demasiado de esa melancolía que no viene de Dios, ya que de Él no viene melancolía alguna, y esas manos de hija noble que, muy correctamente juntas sobre el pecho, dicen, un poco demasiado, al paño sobre el que brillan, que estaban hechas para la púrpura. Ésa es la Teresa de Gérard. Pintada para Chateaubriand y para la sociedad que había vuelto a ser cristiana leyendo el Genio del cristianismo, es la Santa Teresa de ese libro retórico-religioso, pero no es la Teresa de la tradición española y de la historia [...].

No, la Teresa que se ve allí bien podría llamarse Heloísa. No es la ardiente Visionaria de la Vida, la lluvia de lágrimas que no deja de caer, ni la Extática torturada, la ardiente poetisa que luego de comulgar nos dejó ese libro de las Exclamaciones en el que las frases no son más que gritos; y tampoco es la Santa Teresa del Libro de las Fundaciones. La Santa Teresa de las Fundaciones fue devorada por el fuego de la otra Teresa para la mirada de los pobres hombres a los que siempre les cuesta aceptar que un único ser posea dos grandezas. En efecto, cierren ustedes ese pecho entreabierto. Enjuguen ese sudor de sangre que brilla en el lino de ese velo. Sequen esas lágrimas en esos ojos fijos en el Cielo y que, firmes y atentos, vuelven, de pronto, a bajar a la tierra, y tendrán la segunda grandeza de Santa Teresa, tendrán a la Teresa de las Fundaciones. La Teresa de las Fundaciones y la Marta de la Voluntad, serena y todopoderosa, después de la María del Amor, después de la María de los Siete Dolores y de los Siete Gozos. La Teresa de las Fundaciones es una de las más majestuosas mujeres de Estado que se hayan sentado en el suelo o en un banco, en vez de sentarse en un trono. [...] 

Si hombres como Cuvier o Geoffroy Saint-Hilaire son gigantes de investigación y profundidad en las ciencias naturales, en el mundo exterior de la vida, una Santa Teresa es un gigante del mismo orden en el polo opuesto de esas ciencias, en el mundo interno de la espiritualidad. Así como ellos se destacaron en su esfera, ella se destacó en la suya. Puso al descubierto las raíces del corazón al mostrarnos el suyo. No era tan sólo, como los que no la han leído tienen la bondad de conceder, una mujer superior por la imaginación, por la disposición poética, exaltada por la plegaria y que encontraba en la ardiente maceración de la Regla y del Claustro la expresión ígnea que en ella semeja un incensario inextinguible, el grito que espanta a casi todos los corazones y que hace creer que el genio tiene rugidos como el Amor. ¡No!, era, también, la mujer firmemente instalada en la razón, la razón tal como los hombres la conciben, cuando el Éxtasis, que levanta el espíritu hasta el cielo y volatiliza en el aire este cuerpo de cieno, la abandonaba y la dejaba en el suelo. Era una gran escrutadora humana, una mente templada y aguda para el descubrimiento. Esa Vidente en todo no sólo veía el mundo sobrenatural. También veía el otro. Hundía la mirada en las tinieblas de las almas, que eran para ella transparentes. Tenía que conocerlas para conducirlas, esa gran Directora que las condujo y las sometió a un gobierno desconocido para los hombres: el gobierno del Amor. Su Vida, tal como nos la ha dejado, esa larga poesía llena de arrebatos, es uno de los libros más bellos, sin lugar a dudas, de la literatura española, pero es, también, el más bello tratado de psicología de todas las literaturas.


Traducción de Miguel Ángel Frontán y Carlos Cámara.
Jules Barbey d'Aurevilly - Memoranda. Diarios 1836-1864. ©Ediciones De La Mirándola, 2012.





viernes, 10 de septiembre de 2010

Marguerite Yourcenar y Silvia Baron Supervielle



Les charités d’Alcippe II

Dans les bois inquiets où rôdent les battues,
Dans les jardins grisés où germe le jasmin,
Scellant d'un doigt levé leurs longues plaintes tues,
J'ai vu venir à moi le peuple des statues;
Le marbre et le métal m'ont saisi par la main.

Au fond des temples d'or où de sombres idoles
De leur yeux de saphir regardent vers la mer,
Un lent soupir, pareil au frisson des gondoles,
Agitait sur leur sein les lourdes girandoles;
Toutes levaient sur moi leur beau regard amer.

Dans les gouffres des monts, aux gorges des Carrares,
Les marbres non taillés ont crié sous mes pas,
Et le jaspe, et l'agate, et les porphyres rares,
Traînés sur les chantiers par des sculpteurs barbares,
M'ont dit quel désespoir consiste à n'être pas.

Ils souffraient d'ignorer de quels noms on les nomme,
Quels rois ou quels Césars, passifs représentants,
Ils iront figurer sur les portes de Rome,
Et quel maître oublié dans cet enfer de l'homme
Va subsister en eux comme un outrage au temps.

Les Dieux grecs lamentaient leur beauté toujours vaine,
Lassé de tout l'encens d'eux seuls inaperçu,
Les tiédeurs des beaux soirs n'emplissant pas leurs veines,
Et, sous leur pâles fronts ceints d'ache et de verveine,
La douleur d'exister sans l'avoir jamais su.

Les Dieux m'ont demandé mon âme intarissable,
Comme une source d'or qui viendrait sourdre en eux,
Afin que le fidèle à genoux sur le sable,
Voyant sourire enfin leur masque inconnaissable,
Ouvre les bras, s'écrie, et se relève heureux.

Pour qu'ils puissent enfin écouter ceux qui prient,
Ou se moquer entre eux des sots adorateurs,
Ouvrir sur l'univers leurs yeux de pierreries,
Las de notre imposture et nos idolâtries,
Punir leurs desservants et frapper leurs sculpteurs.

J'ai donc collé ma bouche à leurs sévères lèvres,
Au marbre déjà chaud puisque je l'embrassai;
Mon âme avec ses peurs, ses désespoirs, ses fièvres,
Dans leurs rigides corps polis par les orfèvres,
S'en alla toute entière avec tout son passé.

Mon corps veuf de mon âme errait dans l'étendue,
Insensible aux appels des vents mélodieux;
Comme une lampe d'or vainement suspendue,
Dont l'huile goutte à goutte à jamais s'est perdue,
Mon âme m'avait fui pour animer les Dieux.

MARGUERITE YOURCENAR


Las caridades de Alcipio II

En los inquietos bosques vibrantes de batidas,
Por los jardines ebrios donde sube el jazmín,
Sellando con el dedo sus quejidos callados,
Vi venir hacia mí una legión de estatuas;
El mármol y el metal me tomaron la mano.

En los templos dorados donde sombríos ídolos
Miran con sus ojos de zafiro hacia el mar,
Un suspiro, como el escalofrío de una góndola, alargado,
Alzaba en sus senos pesadas girándulas;
Todas, con sus hermosos ojos amargos, me miraban.

En las simas de los montes, en los tajos de Carrara,
El mármol bruto bajo mi paso gritaba;
El jaspe, el ágata y los pórfidos raros
Por el salvaje escultor al taller arrastrados,
La desesperanza de no ser me decían.

Sufrían de ignorar los nombres que tenían,
De no saber qué César o qué Rey pasivamente
Serían sobre las puertas de Roma;
Qué olvidado maestro en este infierno del hombre
Como una afrenta al tiempo, en ellos, seguiría

Los dioses griegos sufrían de su belleza vacía,
Cansados del incienso invisible alrededor;
La dulce tibieza de las tardes no llenaba sus venas
y en sus lívidas frentes de apio y de verbena
Ceñía el dolor de ser sin haberlo sabido.

Los dioses me pedían mi alma inagotable
Que de ellos como una fuente refulgente manaría,
Para que el fiel en la arena arrodillado,
Viendo al fin sonreír sus máscaras secretas,
Abra los brazos, se regocije y se yerga embelesado;

Para poder de pronto escuchar a los que rezan
O burlarse en voz baja del tonto adorador,
Desplegar sobre el mundo sus ojos de diamantes,
y hastiados de la impostura y de la idolatría
Castigar al sacerdote y golpear al escultor.

Pegué entonces mi boca a sus labios severos,
Al mármol en mi abrazo ardiendo ya;
Mi alma de temores, de quebrantos, de fiebres,
En esos duros cuerpos que el orfebre pulió,
Entera y con todo su pasado se alejó.

Viudo de mi alma mi cuerpo vagaba por la extensión,
Insensible a las señales del viento melodioso;
Como una lámpara de oro en vano suspendida
Cuyo aceite, gota a gota, para siempre se virtió,
Para animar a los dioses mi alma me abandonó.

Traducción de SILVIA BARON SUPERVIELLE

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