jueves, 25 de noviembre de 2010

Robert de Montesquiou y Luis Antonio de Villena



AVIS

Vous qui n'aimez que l'air des ravissantes roses,
Évitez ce jardin où n'en fleurit que peu ;
Où l'exhortation de l'hortensia bleue,
Frileuse, épanouit ses corymbes moroses.

Des hortensias bleues dont la lumière est feue
Faisant honte à l'abeille et peur aux passereaux,
Et n'attirant, autour du front de ses héros,
Que des chauves-souris tout au long d'une lieue.

Essaims mystérieux, énigmatiques fleurs ;
Boules de neige glauque et libellule atroce ;
Abeille de silence, aux rayons sans couleurs,

Qui compose son miel solitaire et féroce
Au massif où la lune a laissé ses pâleurs
Tomber, du haut des cieux, de son blême carrosse.

ROBERT DE MONTESQUIOU


ADVERTENCIA

Tú que gustas sólo el aire encantador de las rosas,
evita este jardín en que florecen poco;
donde la exhortación de la hortensia azul,
friolenta, expande sus corimbos morosos.

Las hortensias azules cuya luz está muerta
para vergüenza de la abeja y pavor del gorrión,
y no atraen, sobre la frente de sus héroes,
sino murciélagos a lo largo de una legua.

Enjambres misteriosos, enigmáticas flores;
bolas de nieve glauca y libélula atroz;
abeja de silencio, de rayos sin color,

que fabrica su miel solitaria y feroz
en el parterre en que la luna dejó su palor
caer, alto cielo, de su pálida carroza.

Versión de LUIS ANTONIO DE VILLENA

Miles de libros de ocasión en inglés o en francés

miércoles, 17 de noviembre de 2010

Stéphane Mallarmé y Ángel José Battistessa



Les fenêtres

Las du triste hôpital, et de l’encens fétide
Qui monte en la blancheur banale des rideaux
Vers le grand crucifix ennuyé du mur vide,
Le moribond surnois y redresse un vieux dos,

Se traîne et va, moins pour chauffer sa pourriture
Que pour voir du soleil sur les pierres, coller
Les poils blancs et les os de la maigre figure
Aux fenêtres qu’un beau rayon clair veut hâler,

Et la bouche, fiévreuse et d’azur bleu vorace,
Telle, jeune, elle alla respirer son trésor,
Une peau virginale et de jadis ! encrasse
D’un long baiser amer les tièdes carreaux d’or.

Ivre, il vit, oubliant l’horreur des saintes huiles,
Les tisanes, l’horloge et le lit infligé,
La toux ; et quand le soir saigne parmi les tuiles,
Son œil, à l’horizon de lumière gorgé,

Voit des galères d’or, belles comme des cygnes,
Sur un fleuve de pourpre et de parfums dormir
En berçant l’éclair fauve et riche de leurs lignes
Dans un grand nonchaloir chargé de souvenir !

Ainsi, pris du dégoût de l’homme à l’âme dure
Vautré dans le bonheur, où ses seuls appétits
Mangent, et qui s’entête à chercher cette ordure
Pour l’offrir à la femme allaitant ses petits,

Je fuis et je m’accroche à toutes les croisées
D’où l’on tourne l’épaule à la vie, et, béni,
Dans leur verre, lavé d’éternelles rosées,
Que dore le matin chaste de l’Infini

Je me mire et me vois ange ! et je meurs, et j’aime
— Que la vitre soit l’art, soit la mysticité —
À renaître, portant mon rêve en diadème,
Au ciel antérieur où fleurit la Beauté !

Mais, hélas ! Ici-bas est maître : sa hantise
Vient m’écœurer parfois jusqu’en cet abri sûr,
Et le vomissement impur de la Bêtise
Me force à me boucher le nez devant l’azur.

Est-il moyen, ô Moi qui connais l’amertume,
D’enfoncer le cristal par le monstre insulté
Et de m’enfuir, avec mes deux ailes sans plume
— Au risque de tomber pendant l’éternité ?

STÉPHANE MALLARMÉ


Las ventanas

Harto del hospital y del incienso fétido
Que asciende en la blancura trivial de las cortinas
Hacia la cruz hastiada del muro soledoso,
Sus espaldas levanta el hombre en agonía,

Se arrastra y va, no tanto por entibiar sus llagas
Cuanto por ver el sol más cercano, a pegarse,
Con las canas y huesos de su magra figura,
Al cristal reluciente de grandes ventanales,

Y la boca afiebrada, de azur azul ansiosa,
Tal, joven respiraba su placer más valioso
—¡Una piel virginal y de otro tiempo!—, empaña
Con largo beso amargo los tibios vidrios de oro.

¡Ebrio, vive, olvidando el horror de los óleos,
El reloj, las tisanas, y hasta el lecho infligido,
La tos; cuando la tarde sangra sobre las tejas,
Su ojo, en el horizonte rebosante de brillo,

Ve galeras de oro, hermosas como cisnes,
Dormidas sobre un río de púrpura y fragancia,
Meciendo los reflejos leonados de sus líneas
En una gran pereza cargada de nostalgia!

Así, con repugnancia por el hombre insensible,
Encenagado en goces en que sus apetitos
Comen únicamente, y que aún busca ese lodo
Para darlo a la madre que amamanta a sus hijos,

Huyo, huyo y me aferro a todas las ventanas
Donde se da la espalda al vivir, bendecido,
En su vidrio, lavado por rocíos eternos
Que dora la mañana casta del Infinito.

Me miro y me veo ángel, desfallezco y deseo
—Que el vidrio sea el arte, o sea el misticismo—
Renacer ostentando mi sueño cual diadema
En el cielo anterior de Belleza florido.

Mas ¡ay! El Aquí-abajo es el amo: su trato
Suele asquearme a menudo hasta en esta quietud,
Y con su impuro vómito la Estupidez me obliga
A tapar mis narices delante del azur.

¿Hay algún medio, oh Yo que conoces la angustia,
De hundir lo que ya el mosntruo ha insultado —el cristal—
Y de huir en seguida, con mis alas sin plumas,
A riesgo de caer toda la eternidad?

Traducción de ÁNGEL JOSÉ BATTISTESSA

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sábado, 6 de noviembre de 2010

Jean Grosjean: El cántico de Débora


Cantique de Débora

Les guerriers d'Israël ont délié leurs cheveux
Le peuple du Seigneur s'est offert au combat
Rois écoutez, Princes prêtez l'oreille :
Je vais chanter l'exploit de l'Éternel.

Éternel, quand tu vins de la montagne
Et marchas par les champs, le sol trembla,
Le ciel s'ouvrit, la nue fondit en pluies.
Les monts ont vacillé à ton aspect,
Les monts, à l'aspect du Dieu d'Israël.

Les chemins sous Shâmgar étaient déserts,
Les voyageurs filaient par des sentiers,
Les bras chômaient en Israël, les bras chômaient
Jusqu'au jour où toi tu t'es levée, Débora
Où toi tu t'es levée, ô mère en Israël.

Pas même un bouclier pour cinq cités,
Pas un épieu pour quarante mille hommes.
Mais tout mon coeur aux chefs d'Israël qui luttèrent.
Au peuple qui s'est levé pour combattre.

Chantez Dieu, chevaucheurs d'ânesses blanches
Et vous, piétons de tous chemins, chantez :
La victoire de Dieu se clame aux abreuvoirs
Tandis qu'on y partage le butin.

Éveille-toi, éveille-toi, ô Débora,
Et fais lever ton peuple par milliers.
Allons Barac, saisis ceux qui t'on pris.
Qu'Israël descende en troupe à ses portes,
Le peuple du Seigneur, comme un héros.

Tout Éphraïm est là, dans la vallée.
À ses côtés son frère Benjamin.
Chefs de Makir, bergers de Zabulon
Les ont rejoints armés de leurs bâtons.
Les princes d'Issacar sont avec Débora
Et Nephtali s'élance après Barac.

Mais Ruben délibère aux bords de ses ruisseaux.
Pourquoi est-tu resté dans tes enclos
À écouter les flûtes des bergers ?
Ruben, près des ruisseaux, quels débats dans ton coeur !

Galaad s'est couché derrière le Jourdain.
Et pourquoi Dan est-il si loin sur ses navires ?
Aser se repose aussi dans ses criques.

C'est Zabulon qui affronta la mort.
C'est Nephtali qui lutta dans les champs.
Les rois sont venus là se ranger en bataille.
Les rois de Canaan ont livré le combat
Près de Tanac, aux eaux de Meggido,
Mais ils n'ont guère emporté de butin !

Les astres, des sentiers du ciel, ont combattu,
De la hauteur, combattu Siséra.
Le torrent du Kisôn a balayé,
Torrent sacré, le torrent du Kisôn !
Les sabots des chevaux ont martelé le sol :
Le galop, le galop des cavaliers en fuite !

Ah ! maudit soit Méroz, dit l'Ange du Seigneur,
Maudissez, maudissez ses habitants :
Ils n'étaient pas au combat du Seigneur,
Au combat de Dieu, parmi les héros.
Mais bénie soit Jaël entre toutes les femmes,
Bénie soit-elle entre celles des tentes.

Il demandait de l'eau, elle a donné du lait,
Dans la coupe d'honneur elle offrit de la crème.
Elle a tendu sa main vers un piquet
Et de sa droite elle a pris le marteau

Et frappé Siséra, brisé sa tête,
Percé sa tempe et fracassé son crâne.
Et il lui est tombé entre les pieds,
Il s'est affaisé, il s'est étendu,
Il s'est couché, le voilà qui gît mort.

Penchée à sa fenêtre à travers le treillis
La mère de Siséra le guettait :
"Pourquoi son char tarde-t-il à venir ?
"Pourquoi n'entends-je pas son attelage ?"

La plus sage de ses princesses lui répond
Et elle-même en secret se répète :
"Ils ont tant de butin à partager !
"Une fille ou deux filles par guerrier,
"Un tissu teint ou deux pour Siséra,
"Un tissu brodé, deux pour ses épaules."

Qu'ainsi, Seigneur, tes ennemis périssent
Et que celui qui t'aime ait l'éclat du soleil
Quand il se lève dans sa force.


JEAN GROSJEAN (Les prophètes, 1955)



Cántico de Débora

Y aquel día cantó Débora y Barac hijo de Abinoam diciendo:

Porque ha vengado las injurias de Israel, porque el pueblo se ha ofrecido de su voluntad, load a Jehová.

Oid reyes; estad atentos príncipes, yo cantaré a Jehová, diré salmos a Jehová Dios de Israel.

Cuando saliste de Seir, oh Jehová, cuando te apartaste del campo de Edom, la tierra tembló, y los cielos distilaron, y las nubes gotearon aguas.

Los montes se derritieron delante de Jehová, aqueste Sinaí, delante de Jehová Dios de Israel.

En los días de Samgar hijo de Anath, en los días de Jahel cesaron los caminos, y los que andaban por las sendas se apartaban por sendas torcidas.

Las aldeas habían cesado en Israel, habían cesado; hasta que yo Débora me levanté, me levanté madre en Israel.

En escogiendo nuevos dioses la guerra estaba a las puertas; ¿si se veía escudo o lanza entre cuarenta mil en Israel?

Mi corazón es a los príncipes de Israel, a los voluntarios en el pueblo, load a Jehová.

Los que cabalgáis en asnas blancas, los que presidís en juicio, y los que is camino, hablad.

A causa del estruendo de los flecheros, quitado de entre los que sacan las aguas, allí recuenten las justicias de Jehová, las justicias de sus aldeas en Israel. Ahora el pueblo de Jehová descenderá a las puertas.

Levántate, levántate Débora, levántate, levántate; di canción. Levántate Barac y lleva tus cautivos, hijo de Abinoam.

Ahora ha hecho que el que quedó del pueblo señoree los magníficos; Jehová me hizo enseñorear sobre los fuertes.

De Efraín salió su raíz contra Amalec; tras ti vino Benjamín contra tus pueblos. De Maquir descendieron príncipes, y de Zabulón los que solían tratar sinzel de escriba.

Príncipes también de Isacar fueron con Débora; y también Isacar como Barac se puso a pie en el valle; dee las divisiones de Rubén son grandes las disputas del corazón.

¿Por qué te quedaste entre las majadas para oír los silbos de los rebaños? De las divisiones de Rubén grandes son las disputas del corazón.
Galaad se quedó de la otra parte del Jordán, y Dan ¿por qué habitó cabe los navíos? Aser se asentó a la ribera de la mar y en sus quebraduras se quedó.

El pueblo de Zabulón puso su vida a la muerte y Nefatlí en las alturas del armada.

Vinieron reyes y pelearon, entonces pelearon los reyes de Canaán en Thane junto a las aguas de Magedo, mas ninguna ganancia de dinero llevaron.

De los cielos pelearon, las estrelas desde sus caminos pelearon contra Sísara.

El arroyo de Cisón los barrió, el arroyo de las antigüedades, el arroyo de Cisón, pisaste, oh ánima mía, con fortaleza.

Las uñas de los caballos se embotaron entonces, por los encuentros, los encuentros de sus valientes.

Maldecid a Meros, dijo el ángel de Jehová; maldecid con maldición a sus moradores, porque no vinieron en socorro a Jehová, en socorro á Jehová contra los fuertes

Bendita sea sobre las mujeres Jahel la mujer de Heber Cineo, sobre las mujeres sea bendita en la tienda.

Él pidió agua y ella le dio leche, en tazón de nobles le presentó manteca.

Su mano tendió al estaca y su diestra al mazo de trabajadores, y majó a Sísara, quitole la cabeza, hirió y pasó sus sienes.

Cayó encorvado entre sus pies, quedó tendido, entre sus pies cayó encorvado, donde se encorvó allí cayó muerto.

La madre de Sísara asomándose a la ventana aúlla, mirando por entre las rejas, diciendo: ¿Por qué se detiene tu carro, que no viene? ¿Por qué tardan las ruedas de sus carros?

Las sabias mujeres de sus príncipes le respondían, y aun a sí misma se respondía:

¿No han hallado despojos y los están repartiendo? A cada uno una moza o dos, los despojos de colores a Sísara, los despojos bordados de colores, la ropa de color bordada de ambas partes, para el cuello del despojo.

Ansí perezcan todos tus enemigos, oh Jehová, mas los que lo aman, sean como el Sol cuando nace en su fortaleza.


Versión de CASIODORO DE REINA (Biblia del Oso, 1569)

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