viernes, 12 de octubre de 2012

Saint-Simon: Una frase que es un cuento




CHARLES IV, DUC DE LORRAINE


Ami de tous les partis, fidèle à aucun, souvent dépouillé de ses États, et tantôt les abdiquant, puis les reprenant, tantôt en France avec les rebelles, puis à la cour, tantôt à la tête de ses troupes sans feu ni lieu qu'il faisait subsister aux dépens d'autrui, et y vivant lui-même, d'autres fois au service de la France, puis de l'empereur, après de l'Espagne, souvent à Bruxelles, enfin enlevé et conduit prisonnier en Espagne; toujours marié, et jamais avec la duchesse Nicole, héritière de Lorraine, sa cousine germaine, fille aînée d'Henri, duc de Lorraine, frère aîné de son père, qu'il avait épousée en 1621, dont il n'eut point d'enfants et qu'il perdit en janvier 1657, ni avec Marie, fille unique de Charles, comte d'Apremont, qu'il épousa en 1665, et dont il n'eut point d'enfants encore, et qu'il laissa veuve en septembre 1675 qu'il mourut.


Chronique de l'année 1697.








CARLOS IV, DUQUE DE LORENA


Amigo de todos los partidos, fiel a ninguno, despojado a menudo de sus Estados, ya renunciando a ellos y luego retomándolos; ya en Francia con los rebeldes y luego en la Corte, ya a la cabeza de sus tropas errantes, que hacía subsistir a expensas de los demás y viviendo él mismo con ellas; otras veces al servicio de Francia, luego del Emperador, más tarde de España, a menudo de Bruselas, por último capturado y conducido a España como prisionero; siempre casado con y nunca en compañía de la duquesa Nicolasa, heredera de Lorena, su prima hermana, hija mayor de Enrique, duque de Lorena, hermano mayor de su padre, a quien había hecho su mujer en 1621, de quien no tuvo hijos y a la que perdió en enero de 1657, ni de María, hija única de Carlos, conde de Aspremont, a quien desposó en 1665 y de quien tampoco tuvo hijos, y a quien dejó viuda en septiembre de 1675, año en que murió.



Traducción de Miguel Ángel Frontán.

martes, 9 de octubre de 2012

Guillaume Apollinaire: El Róbinson de la estación Saint-Lazare


NUESTRAS MÁS RECIENTES NOVEDADES




LE ROBINSON DE LA GARE SAINT-LAZARE

On pense généralement que les Anglais sont les gens les plus flegmatiques du monde. C'est une erreur et l'histoire authentique suivante dont on n'a point parlé bien qu'elle soit extraordinaire, montre assez que certains Français et même des Parisiens rendraient des points aux insulaires les plus froids.


*

Le 1er janvier 1907, à dix heures du matin, M. Ludovic Pandevin, riche négociant du Sentier et dont la demeure opulente est située avenu du Bois-de-Boulogne, prenait un fiacre, place de l'Étoile.

« À la gare Saint-Lazare, grandes lignes, dit-il au cocher, et un peu vite, je dois prendre le train du Havre. »



M. Pandevin allait à New York pour affaires et n'emportait qu'une petite valise. L'heure pressait et le fiacre arriva à la gare quelques minutes à peine avant le temps indiqué sur l'horaire pour le départ du train.

M. Pandevin tendit au cocher un billet de mille francs mais l'automédon n'avait pas de monnaie.

« Attendez-moi, dit le négociant, donnez-moi votre numéro, je vais revenir. »



Il laissa sa valise dans la voiture et alla prendre son billet. Mais voyant alors qu'il s'en fallait d'une minute que le temps indiqué sur l'horaire pour le départ du train fût accompli, M. Pandevin pensa:

« Ce cocher a ma valise et des papiers qui après tout ne me sont pas indispensables. Il attendra, trouvera mon adresse sur la valise et se fera payer chez moi. »

Et il s'en fut prendre son train qui ne partit que deux heures plus tard car il y a belle lurette que les horaires ne sont plus respectés. Au Havre, il prit le bateau pour l'Amérique et ne pensa plus au cocher.


*

Celui-ci attendit patiemment son client et se dit au bout de vingt minutes:
« Ce n'est plus à la course, c'est à l'heure. »



Puis il se remit à attendre philosophiquement.

À midi, il se fit apporter à déjeuner par un camelot, descendit pour manger, et de crainte que l'on n'emportât la valise, la serra dans son coffre sous le siège. Le soir, il dîna comme il avait déjeuné, donna le picotin à son cheval et continua d'attendre jusqu'au dernier train, après minuit.

Alors il secoua les rênes sur Cocotte et sortit de la cour du Havre sans témoigner d'humeur ni d'impatience.

Il s'arrêta devant le chantier du Nord-Sud qui s'élevait à cette époque devant la gare Saint-Lazare, descendit de son siège et ouvrit la porte de cette singulière construction de bois que les Parisiens ont admirée pendant de longues années et dont les nombreuses répliques ornent encore certains points privilégiés de la capitale. Prenant son cheval par la bride, le cocher dont je parle et duquel il est juste que la postérité connaisse le nom, Évariste Roudiol, propriétaire d'un hongre et de la voiture de place n° 20364, remisa le tout dans le chantier couvert qui somme toute constituait une demeure assez confortable et située en plein centre de Paris. Il y avait là de la paille dont il fit litière pour son cheval qu'il détela et lui-même dormit commodément dans la voiture, bien enveloppé de couvertures, quoique la nuit malgré la saison ne fût pas trop froide.

À cinq heures, il fut sur pied, battit la semelle, agita ses bras horizontalement et vigoureusement pour se réchauffer, attela, et laissa l'équipage dans le chantier couvert, car un fiacre ne peut entrer dans la cour du Havre s'il n'a point de voyageur.

Et le cocher Évariste Roudiol fut se poster à l'entrée de la gare, à l'endroit même où son client l'avait quitté la veille. Vers sept heures, il alla prendre un café au bistrot qui se trouve dans la cour du Havre, il écrivit à sa femme un bleu qu'il fit porter à la poste par un garçon et fut se remettre en observation.

Vers midi, Mme Roudiol fit apporter à son mari un ameublement sommaire, avec de la paille, du foin et de l'avoine pour le cheval qui semblait fort heureux de ses nouveaux loisirs. Il est vrai que ces allées et venues parurent insolites aux passants. Ils n'avaient jamais vu aucun ouvrier dans le chantier. La police, cependant, trouva que le tout était naturel et que, sans doute, on avait installé là un gardien pour empêcher les sabotages d'une part, et, de l'autre, tout travail intempestif aussi bien qu'inusité.


*

Et une vie délicieuse commença pour l'homme et pour le cheval qui prenait de l'embonpoint, tandis que Roudiol fumait la pipe tout le jour en surveillant l'arrivée des voyageurs.

Puis, ce furent les beaux jours, Mme Roudiol vint tenir compagnie à son mari, qu'elle quitta vers le milieu de l'automne quand la bise fut venue...


*

Des années passèrent sans que rien interrompit la vie paisible que menaient l'homme et la bête, singuliers Robinsons d'un des quartiers les plus animés de Paris.

De temps à autre, pour donner un peu d'exercices à Cocotte, le cocher priait un passant de monter dans la voiture afin de pénétrer dans la cour du Havre. Là, le hongre trottait un peu, sans que Roudiol perdît de vue la sortie de la gare. Et avant de se coucher, de sa grosse écriture appliquée, il inscrivait, chaque soir, quelques chiffres sur un vieux carnet crasseux et gauchi.


*

Le 1er janvier 1910, Roudiol, debout à quatre heures du matin, pansa son cheval, l'attela, et, vers huit heures, voyant que le temps était beau, se dit qu'il fallait en profiter.

Il fit monter un camelot dans la voiture et entra dans la cour du Havre où après quelques évolutions il alla se placer près de la sortie des grandes lignes...
À neuf heures, un monsieur parut et s'arrêta comme pour chercher quelqu'un. Mais le cocher avait reconnu son client:

« Voilà, bourgeois! lui cria-t-il en sautant à bas de son siège.

—C'est vous ? dit M. Pandevin, attendez ! »

Et il tira son portefeuille où il prit un bulletin.

« Cinquante-six mille trois cent vingt-deux francs, répondit le cocher, et vingt-cinq centimes pour le colis. »


M. Pandevin vérifia le calcul: trois ans moins une heure à deux francs cinquante l'heure, tarif de jour, et, deux francs cinquante l'heure, tarif de nuit, en modifiant les totaux quotidiens selon les horaires d'hiver où d'été et sans oublier d'ajouter une journée pour l'année bissextile 1908.

“C'est juste, observa M. Pandevin, voilà votre dû.” Et il lui donna 56 322,50 F, car il comptait vingt-cinq centimes pour le pourboire.

Roudiol serra le tout dans son grand porte-monnaie.


*

« Maintenant, chez moi! » dit M. Pandevin, qui après avoir donné son adresse, monta dans la voiture.

Et quand ils furent arrivés à destination, il donna au cocher un franc soixante-cinq pour la course.


GUILLAUME APOLLINAIRE


EL RÓBINSON DE LA ESTACIÓN SAINT-LAZARE

Generalmente se piensa que los ingleses son las personas más flemáticas del mundo. Esto es un error, y la historia auténtica que sigue, de la que no se ha hablado pese a que es extraordinaria, muestra bastante bien que ciertos franceses, e incluso algunos parisinos, les sacarían ventaja a los más fríos insulares.


*


El 1 de enero de 1907, a las diez de la mañana, el señor Ludovic Pandevin, rico comerciante del barrio del Sentier cuya opulenta residencia está situada en la Avenue du Bois-de-Boulogne, subió a un coche de plaza en la Place de l'Étoile.
—A la estación Saint-Lazare, trenes de larga distancia —le dijo al cochero—, y bastante rápido, tengo que tomar el tren para Le Havre.


El señor Pandevin iba a Nueva York por negocios y sólo llevaba con él una pequeña maleta. Tenía el tiempo justo y el coche llegó a la estación apenas unos minutos antes de la hora indicada en el horario para la salida del tren.
El señor Pandevin le extendió al cochero un billete de mil francos, pero éste no tenía cambio.

—Espéreme —dijo el comerciante—, déme su número, ya vuelvo.



Dejó la maleta en el coche y fue a sacar pasaje. Pero al ver, entonces, que faltaba un minuto para la hora que indicaba el horario para la salida del tren, el señor Pandevin pensó: “El cochero tiene mi maleta y algunos papeles que, después de todo, no me resultan indispensables. Esperará, encontrará mi dirección en la maleta e irá a cobrar a mi casa.” Y se fue a tomar el tren, que sólo salió dos horas más tarde, porque hace un buen rato que ya no se respetan los horarios. En Le Havre tomó el barco para América del Norte y ya no pensó más en el cochero.


*

Éste esperó pacientemente a su cliente y al cabo de veinte minutos se dijo:
“Ya no es por trayecto recorrido sino por hora.”


Luego volvió a esperar filosóficamente.

A mediodía hizo que un vendedor ambulante le trajese el almuerzo, bajó para comer, y temiendo que alguien se llevase la maleta la guardó en el baúl, debajo del asiento.

Por la noche cenó del mismo modo en que había almorzado, le dio el pienso al caballo y siguió esperando hasta el último tren, pasada la medianoche.

Entonces le sacudió las riendas a Cocotte y salió de la explanada del Havre sin mostrar ni mal humor ni impaciencia.

Se detuvo delante del galpón perteneciente a las obras de la línea Norte-Sur del metro que, en esos tiempos, se alzaba delante de la estación Saint-Lazare, bajó del asiento y abrió la puerta de aquella singular construcción de madera que los parisinos admiraron por largos años y cuyas muchas réplicas adornan todavía algunos puntos privilegiados de la capital. Asiendo al animal de la brida, el cochero de quien hablo y cuyo nombre es justo que sea conocido por la posteridad, Évariste Roudiol, dueño de un caballo castrado y del coche n° 20.364 , encerró a ambos en el galpón, que, después de todo, constituía una vivienda bastante cómoda y situada en pleno centro de París. Allí había paja con la que hizo una cama para su caballo, al que desenganchó, y él mismo durmió cómodamente en el coche, bien envuelto en mantas, aunque la noche, a pesar de la época del año, no era demasiado fría.

A los cinco ya estaba levantado, dio unas patadas en el suelo y agitó los brazos horizontalmente y con vigor para entrar en calor, enganchó el caballo y lo dejó en el galpón, ya que un coche de plaza no puede entrar en la explanada del Havre si no lleva pasajeros.

Y el cochero Évariste Roudiol fue a apostarse a la entrada de la estación, en el mismo lugar en que su cliente se había separado de él el día anterior. A eso de las siete fue a tomar un café al bar que se encuentra en la explanada, le escribió a su mujer un telegrama que envió al correo con un chico y volvió a su puesto de observación.

Hacia el mediodía la señora de Roudiol le hizo llegar a su marido un mobiliario somero, que incluía paja, heno y avena para el caballo, que parecía enormemente feliz con sus nuevos ocios. Es cierto que aquellas idas y venidas les parecieron insólitas a los transeúntes. Nunca habían visto a ningún obrero en el galpón. La policía, sin embargo, consideró que todo aquello era natural y que, posiblemente, habían puesto allí a un cuidador para impedir, por un lado, los sabotajes y, por el otro, cualquier tipo de trabajo que fuese tan intempestivo como inusitado.


*

Y comenzó una vida deliciosa para el hombre y el caballo, que iba engordando mientras Roudiol fumaba en pipa todo el día sin dejar de vigilar la llegada de los pasajeros.

Luego, con el buen tiempo, la señora de Roudiol fue a hacerle compañía a su marido hasta mediados del otoño, cuando empezó a soplar el cierzo...


*

Pasaron años sin que nada interrumpiese la vida apacible que llevaban el hombre y el animal, singulares Robinsones de uno de los barrios más animados de París.

De cuando en cuando, para que Cocotte hiciese un poco de ejercicio, el cochero le rogaba a un transeúnte que subiese en el coche, para poder entrar en la explanada del Havre. Allí el caballo trotaba un poco, sin que Roudiol perdiese de vista la salida de la estación. Y antes de acostarse, con su tosca letra esforzada, anotaba, cada noche, algunas cifras en un viejo cuaderno mugriento y estropeado.


*

El 1 de enero de 1910, Roudiol, ya en pie a las cuatro de la mañana, cepilló el caballo, lo enganchó y, a eso de las ocho, viendo que hacía buen tiempo, se dijo que había que aprovecharlo.

Hizo subir al coche a un vendedor ambulante y entró en la explanada del Havre, donde, después de dar unas vueltas, fue a instalarse cerca de la salida de los trenes de larga distancia...

A las nueve apareció un señor que se detuvo como si estuviese buscando a alguien. Pero el cochero ya había reconocido a su cliente.

—¡Por fin, caballero! —le gritó bajando de un salto del asiento.

—¿Es usted? —dijo el señor Pandevin—, ¡espere!

Y sacó la billetera, de la que extrajo un papel.

—Así es —dijo—, 20.364. ¿Cuánto le debo?

—Cincuenta y seis mil trescientos veintidós francos —respondió el cochero—, y veinticinco céntimos por el bulto.


El señor Pandevin revisó la cuenta: tres francos menos una hora, a dos francos por hora, tarifa diurna, y dos francos con cincuenta, tarifa nocturna, modificando los totales diarios según los horarios de invierno o de verano, y sin olvidarse de agregar un día por el año bisiesto de 1908.


—Está bien —señaló el señor Pandevin—, aquí tiene lo que le debo.
Y le dio 56.322,50 francos, incluyendo veinticinco céntimos de propina.
Roudiol guardó todo en su gran portamonedas.


*

—Ahora, ¡lléveme a casa! —dijo el señor Pandevin, que, después de dar su dirección, subió al coche.

Y, al llegar a destino, le dio al cochero un franco con setenta y cinco por el viaje.

Traducción de Carlos Cámara y Miguel Ángel Frontán


martes, 2 de octubre de 2012

Rudyard Kipling: La mariposa que dio el pisotón


NUESTRAS MÁS RECIENTES NOVEDADES



THE BUTTERFLY THAT STUMPED

THIS, O my Best Beloved, is a story--a new and a wonderful story--a story quite different from the other stories--a story about The Most Wise Sovereign Suleiman-bin-Daoud--Solomon the Son of David.

There are three hundred and fifty-five stories about Suleiman- bin-Daoud; but this is not one of them. It is not the story of the Lapwing who found the Water; or the Hoopoe who shaded Suleimanbin-Daoud from the heat. It is not the story of the Glass Pavement, or the Ruby with the Crooked Hole, or the Gold Bars of Balkis. It is the story of the Butterfly that Stamped.

Now attend all over again and listen!

Suleiman-bin-Daoud was wise. He understood what the beasts said, what the birds said, what the fishes said, and what the insects said. He understood what the rocks said deep under the earth when they bowed in towards each other and groaned; and he understood what the trees said when they rustled in the middle of the morning. He understood everything, from the bishop on the bench to the hyssop on the wall, and Balkis, his Head Queen, the Most Beautiful Queen Balkis, was nearly as wise as he was.

Suleiman-bin-Daoud was strong. Upon the third finger of the right hand he wore a ring. When he turned it once, Afrits and Djinns came Out of the earth to do whatever he told them. When he turned it twice, Fairies came down from the sky to do whatever he told them; and when he turned it three times, the very great angel Azrael of the Sword came dressed as a water-carrier, and told him the news of the three worlds,--Above--Below--and Here.

And yet Suleiman-bin-Daoud was not proud. He very seldom showed off, and when he did he was sorry for it. Once he tried to feed all the animals in all the world in one day, but when the food was ready an Animal came out of the deep sea and ate it up in three mouthfuls. Suleiman-bin-Daoud was very surprised and said, 'O Animal, who are you?' And the Animal said, 'O King, live for ever! I am the smallest of thirty thousand brothers, and our home is at the bottom of the sea. We heard that you were going to feed all the animals in all the world, and my brothers sent me to ask when dinner would be ready.' Suleiman-bin-Daoud was more surprised than ever and said, 'O Animal, you have eaten all the dinner that I made ready for all the animals in the world.' And the Animal said, 'O King, live for ever, but do you really call that a dinner? Where I come from we each eat twice as much as that between meals.' Then Suleiman-bin-Daoud fell flat on his face and said, 'O Animal! I gave that dinner to show what a great and rich king I was, and not because I really wanted to be kind to the animals. Now I am ashamed, and it serves me right. Suleiman-bin-Daoud was a really truly wise man, Best Beloved. After that he never forgot that it was silly to show off; and now the real story part of my story begins.

He married ever so many wifes. He married nine hundred and ninety-nine wives, besides the Most Beautiful Balkis; and they all lived in a great golden palace in the middle of a lovely garden with fountains. He didn't really want nine-hundred and ninety-nine wives, but in those days everybody married ever so many wives, and of course the King had to marry ever so many more just to show that he was the King.

Some of the wives were nice, but some were simply horrid, and the horrid ones quarrelled with the nice ones and made them horrid too, and then they would all quarrel with Suleiman-bin-Daoud, and that was horrid for him. But Balkis the Most Beautiful never quarrelled with Suleiman-bin-Daoud. She loved him too much. She sat in her rooms in the Golden Palace, or walked in the Palace garden, and was truly sorry for him.

Of course if he had chosen to turn his ring on his finger and call up the Djinns and the Afrits they would have magicked all those nine hundred and ninety-nine quarrelsome wives into white mules of the desert or greyhounds or pomegranate seeds; but Suleiman-bin-Daoud thought that that would be showing off. So, when they quarrelled too much, he only walked by himself in one part of the beautiful Palace gardens and wished he had never been born.

One day, when they had quarrelled for three weeks--all nine hundred and ninety-nine wives together--Suleiman-bin-Daoud went out for peace and quiet as usual; and among the orange trees he met Balkis the Most Beautiful, very sorrowful because Suleiman- bin-Daoud was so worried. And she said to him, 'O my Lord and Light of my Eyes, turn the ring upon your finger and show these Queens of Egypt and Mesopotamia and Persia and China that you are the great and terrible King.' But Suleiman-bin-Daoud shook his head and said, 'O my Lady and Delight of my Life, remember the Animal that came out of the sea and made me ashamed before all the animals in all the world because I showed off. Now, if I showed off before these Queens of Persia and Egypt and Abyssinia and China, merely because they worry me, I might be made even more ashamed than I have been.'


And Balkis the Most Beautiful said, 'O my Lord and Treasure of my Soul, what will you do?'

And Suleiman-bin-Daoud said, 'O my Lady and Content of my Heart, I shall continue to endure my fate at the hands of these nine hundred and ninety-nine Queens who vex me with their continual quarrelling.'

So he went on between the lilies and the loquats and the roses and the cannas and the heavy-scented ginger-plants that grew in the garden, till he came to the great camphor-tree that was called the Camphor Tree of Suleiman-bin-Daoud. But Balkis hid among the tall irises and the spotted bamboos and the red lillies behind the camphor-tree, so as to be near her own true love, Suleiman-bin-Daoud.

Presently two Butterflies flew under the tree, quarrelling.

Suleiman-bin-Daoud heard one say to the other, 'I wonder at your presumption in talking like this to me. Don't you know that if I stamped with my foot all Suleiman-bin-Daoud's Palace and this garden here would immediately vanish in a clap of thunder.'

Then Suleiman-bin-Daoud forgot his nine hundred and ninety-nine bothersome wives, and laughed, till the camphor-tree shook, at the Butterfly's boast. And he held out his finger and said, 'Little man, come here.'

The Butterfly was dreadfully frightened, but he managed to fly up to the hand of Suleiman-bin-Daoud, and clung there, fanning himself. Suleiman-bin-Daoud bent his head and whispered very softly, 'Little man, you know that all your stamping wouldn't bend one blade of grass. What made you tell that awful fib to your wife?--for doubtless she is your wife.'

The Butterfly looked at Suleiman-bin-Daoud and saw the most wise King's eye twinkle like stars on a frosty night, and he picked up his courage with both wings, and he put his head on one side and said, 'O King, live for ever. She is my wife; and you know what wives are like.

Suleiman-bin-Daoud smiled in his beard and said, 'Yes, I know, little brother.

'One must keep them in order somehow, said the Butterfly, and she has been quarrelling with me all the morning. I said that to quiet her.'

And Suleiman-bin-Daoud said, 'May it quiet her. Go back to your wife, little brother, and let me hear what you say.'

Back flew the Butterfly to his wife, who was all of a twitter behind a leaf, and she said, 'He heard you! Suleiman-bin-Daoud himself heard you!'

'Heard me!' said the Butterfly. 'Of course he did. I meant him to hear me.'

'And what did he say? Oh, what did he say?'

'Well,' said the Butterfly, fanning himself most importantly, 'between you and me, my dear--of course I don't blame him, because his Palace must have cost a great deal and the oranges are just ripening,--he asked me not to stamp, and I promised I wouldn't.'

'Gracious!' said his wife, and sat quite quiet; but Suleiman-bin-Daoud laughed till the tears ran down his face at the impudence of the bad little Butterfly.

Balkis the Most Beautiful stood up behind the tree among the red lilies and smiled to herself, for she had heard all this talk. She thought, 'If I am wise I can yet save my Lord from the persecutions of these quarrelsome Queens,' and she held out her finger and whispered softly to the Butterfly's Wife, 'Little woman, come here.' Up flew the Butterfly's Wife, very frightened, and clung to Balkis's white hand.

Balkis bent her beautiful head down and whispered, 'Little woman, do you believe what your husband has just said?'

The Butterfly's Wife looked at Balkis, and saw the most beautiful Queen's eyes shining like deep pools with starlight on them, and she picked up her courage with both wings and said, 'O Queen, be lovely for ever. You know what men-folk are like.'

And the Queen Balkis, the Wise Balkis of Sheba, put her hand to her lips to hide a smile and said, 'Little sister, I know.'

'They get angry,' said the Butterfly's Wife, fanning herself quickly, 'over nothing at all, but we must humour them, O Queen. They never mean half they say. If it pleases my husband to believe that I believe he can make Suleiman-bin-Daoud's Palace disappear by stamping his foot, I'm sure I don't care. He'll forget all about it to-morrow.'

'Little sister,' said Balkis, 'you are quite right; but next time he begins to boast, take him at his word. Ask him to stamp, and see what will happen. We know what men-folk are like, don't we? He'll be very much ashamed.'

Away flew the Butterfly's Wife to her husband, and in five minutes they were quarrelling worse than ever.

'Remember!' said the Butterfly. 'Remember what I can do if I stamp my foot.'

'I don't believe you one little bit,' said the Butterfly's Wife. 'I should very much like to see it done. Suppose you stamp now.'

'I promised Suleiman-bin-Daoud that I wouldn't,' said the Butterfly, 'and I don't want to break my promise.'

'It wouldn't matter if you did,' said his wife. 'You couldn't bend a blade of grass with your stamping. I dare you to do it,' she said. Stamp! Stamp! Stamp!'

Suleiman-bin-Daoud, sitting under the camphor-tree, heard every word of this, and he laughed as he had never laughed in his life before. He forgot all about his Queens; he forgot all about the Animal that came out of the sea; he forgot about showing off. He just laughed with joy, and Balkis, on the other side of the tree, smiled because her own true love was so joyful.

Presently the Butterfly, very hot and puffy, came whirling back under the shadow of the camphor-tree and said to Suleiman, 'She wants me to stamp! She wants to see what will happen, O Suleiman-bin-Daoud! You know I can't do it, and now she'll never believe a word I say. She'll laugh at me to the end of my days!'

'No, little brother,' said Suleiman-bin-Daoud, 'she will never laugh at you again,' and he turned the ring on his finger--just for the little Butterfly's sake, not for the sake of showing off,--and, lo and behold, four huge Djinns came out of the earth!

'Slaves,' said Suleiman-bin-Daoud, 'when this gentleman on my finger' (that was where the impudent Butterfly was sitting) 'stamps his left front forefoot you will make my Palace and these gardens disappear in a clap of thunder. When he stamps again you will bring them back carefully.'

'Now, little brother,' he said, 'go back to your wife and stamp all you've a mind to.'

Away flew the Butterfly to his wife, who was crying, 'I dare you to do it! I dare you to do it! Stamp! Stamp now! Stamp!' Balkis saw the four vast Djinns stoop down to the four corners of the gardens with the Palace in the middle, and she clapped her hands softly and said, 'At last Suleiman-bin-Daoud will do for the sake of a Butterfly what he ought to have done long ago for his own sake, and the quarrelsome Queens will be frightened!'

The the butterfly stamped. The Djinns jerked the Palace and the gardens a thousand miles into the air: there was a most awful thunder-clap, and everything grew inky-black. The Butterfly's Wife fluttered about in the dark, crying, 'Oh, I'll be good! I'm so sorry I spoke. Only bring the gardens back, my dear darling husband, and I'll never contradict again.'

The Butterfly was nearly as frightened as his wife, and Suleiman-bin-Daoud laughed so much that it was several minutes before he found breath enough to whisper to the Butterfly, 'Stamp again, little brother. Give me back my Palace, most great magician.'

'Yes, give him back his Palace,' said the Butterfly's Wife, still flying about in the dark like a moth. 'Give him back his Palace, and don't let's have any more horrid.magic.'

'Well, my dear,' said the Butterfly as bravely as he could, 'you see what your nagging has led to. Of course it doesn't make any difference to me--I'm used to this kind of thing--but as a favour to you and to Suleiman-bin-Daoud I don't mind putting things right.'

So he stamped once more, and that instant the Djinns let down the Palace and the gardens, without even a bump. The sun shone on the dark-green orange leaves; the fountains played among the pink Egyptian lilies; the birds went on singing, and the Butterfly's Wife lay on her side under the camphor-tree waggling her wings and panting, 'Oh, I'll be good! I'll be good!'

Suleiman-bin-Daolld could hardly speak for laughing. He leaned back all weak and hiccoughy, and shook his finger at the Butterfly and said, 'O great wizard, what is the sense of returning to me my Palace if at the same time you slay me with mirth!'

Then came a terrible noise, for all the nine hundred and ninety-nine Queens ran out of the Palace shrieking and shouting and calling for their babies. They hurried down the great marble steps below the fountain, one hundred abreast, and the Most Wise Balkis went statelily forward to meet them and said, 'What is your trouble, O Queens?'

They stood on the marble steps one hundred abreast and shouted, 'What is our trouble? We were living peacefully in our golden palace, as is our custom, when upon a sudden the Palace disappeared, and we were left sitting in a thick and noisome darkness; and it thundered, and Djinns and Afrits moved about in the darkness! That is our trouble, O Head Queen, and we are most extremely troubled on account of that trouble, for it was a troublesome trouble, unlike any trouble we have known.'

Then Balkis the Most Beautiful Queen--Suleiman-bin-Daoud's Very Best Beloved--Queen that was of Sheba and Sable and the Rivers of the Gold of the South--from the Desert of Zinn to the Towers of Zimbabwe--Balkis, almost as wise as the Most Wise Suleiman-bin-Daoud himself, said, 'It is nothing, O Queens! A Butterfly has made complaint against his wife because she quarrelled with him, and it has pleased our Lord Suleiman-bin-Daoud to teach her a lesson in low-speaking and humbleness, for that is counted a virtue among the wives of the butterflies.'

Then up and spoke an Egyptian Queen--the daughter of a Pharoah--and she said, 'Our Palace cannot be plucked up by the roots like a leek for the sake of a little insect. No! Suleiman-bin-Daoud must be dead, and what we heard and saw was the earth thundering and darkening at the news.'

Then Balkis beckoned that bold Queen without looking at her, and said to her and to the others, 'Come and see.'

They came down the marble steps, one hundred abreast, and beneath his camphor-tree, still weak with laughing, they saw the Most Wise King Suleiman-bin-Daoud rocking back and forth with a Butterfly on either hand, and they heard him say, 'O wife of my brother in the air, remember after this, to please your husband in all things, lest he be provoked to stamp his foot yet again; for he has said that he is used to this magic, and he is most eminently a great magician--one who steals away the very Palace of Suleirnan-bin-Daoud himself. Go in peace, little folk!' And he kissed them on the wings, and they flew away.

Then all the Queens except Balkis--the Most Beautiful and Splendid Balkis, who stood apart smiling--fell flat on their faces, for they said, 'If these things are done when a Butterfly is displeased with his wife, what shall be done to us who have vexed our King with our loud-speaking and open quarrelling through many days?'

Then they put their veils over their heads, and they put their hands over their mouths, and they tiptoed back to the Palace most mousy-quiet.

Then Balkis--The Most Beautiful and Excellent Balkis--went forward through the red lilies into the shade of the camphor-tree and laid her hand upon Suleiman-bin-Daoud's shoulder and said, 'O my Lord and Treasure of my Soul, rejoice, for we have taught the Queens of Egypt and Ethiopia and Abyssinia and Persia and India and China with a great and a memorable teaching.'

And Suleiman-bin-Daoud, still looking after the Butterflies where they played in the sunlight, said, 'O my Lady and Jewel of my Felicity, when did this happen? For I have been jesting with a Butterfly ever since I came into the garden.' And he told Balkis what he had done.

Balkis--The tender and Most Lovely Balkis--said, 'O my Lord and Regent of my Existence, I hid behind the camphor-tree and saw it all. It was I who told the Butterfly's Wife to ask the Butterfly to stamp, because I hoped that for the sake of the jest my Lord would make some great magic and that the Queens would see it and be frightened.' And she told him what the Queens had said and seen and thought.

Then Suleiman-bin-Daoud rose up from his seat under the camphor-tree, and stretched his arms and rejoiced and said, 'O my Lady and Sweetener of my Days, know that if I had made a magic against my Queens for the sake of pride or anger, as I made that feast for all the animals, I should certainly have been put to shame. But by means of your wisdom I made the magic for the sake of a jest and for the sake of a little Butterfly, and--behold--it has also delivered me from the vexations of my vexatious wives! Tell me, therefore, O my Lady and Heart of my Heart, how did you come to be so wise?' And Balkis the Queen, beautiful and tall, looked up into Suleiman-bin-Daoud's eyes and put her head a little on one side, just like the Butterfly, and said, 'First, O my Lord, because I loved you; and secondly, O my Lord, because I know what women-folk are.'

Then they went up to the Palace and lived happily ever afterwards.

But wasn't it clever of Balkis?


RUDYARD KIPLING



LA MARIPOSA QUE DIO EL PISOTÓN

Éste—¡Oh mis Querídisimos!—es un cuento—un cuento nuevo y maravilloso—un cuento totalmente distinto de los otros cuentos—un cuento sobre El Sapientísimo Soberano Suleimán-bin-Daoud—Salomón Hijo de David.

Hay trescientos cincuenta y cinco cuentos sobre Suleimán-bin-Daoud; pero éste no es uno de ellos. No es el cuento del Chorlito que encontró el Agua; ni el de la Abubilla que protegió a Suleimán-bin-Daoud del calor. No es el cuento del Piso de Cristal, ni el del Rubí del Agujero Retorcido, ni el de las Barras de Oro de Balkis. Es el cuento de la Mariposa que dio el pisotón.

Ahora, ¡acérquense bien y escuchen!

Suleimán-bin-Daoud era sabio. Entendía lo que decían los cuadrúpedos, lo que decían los pájaros, lo que decían los peces, y lo que decían los insectos. Entendía lo que decían las rocas en lo profundo de la tierra cuando se inclinaban unas hacia otras y gruñían; y entendía lo que decían los árboles cuando sus hojas susurraban en plena mañana. Lo entendía todo, desde la angélica del banco hasta el hisopo de la pared, y Balkis, su Reina Principal, la Bellísima Reina Balkis, era casi tan sabia como él.

Suleimán-bin-Daoud era fuerte. En el dedo mayor de la mano derecha llevaba un anillo. Cuando le daba una vuelta, salían de la tierra Genios y Espíritus que hacían lo que él les dijese. Cuando le daba dos vueltas, bajaban del cielo Hadas que hacían lo que él les dijese; y cuando le daba tres vueltas, venía el mismísimo arcángel Azrael de la Espada, vestido como un aguador, a traerle noticias de los tres mundos—el de Arriba—el de Abajo—y el de Aquí.

Y, sin embargo, Suleimán-bin-Daoud no era arrogante. No solía presumir, y cuando lo hacía lo lamentaba. Una vez trató de alimentar en un solo día a todos los animales de la tierra, pero cuando la comida estuvo lista surgió un Animal de las profundidades del mar y se comió todo en tres bocados. Suleimán-bin-Daoud se sorprendió mucho y dijo, “Oh Animal, ¿quién eres tú?” Y el Animal dijo, “¡Oh Rey, para siempre vivas! Yo soy el más pequeño de treinta mil hermanos, y nuestro hogar está en el fondo del mar. Oímos decir que ibas a alimentar a todos los animales de la tierra, y mis hermanos me mandaron a preguntar cuando estaría lista la cena.”

Suleimán-bin-Daoud se sorprendió aún más y dijo, “Oh Animal, tú te has comido toda la cena que yo había preparado para todos los animales de la tierra.” Y el Animal dijo, “¡Oh Rey, para siempre vivas! Pero, ¿llamas en realidad a eso una cena? En el lugar de donde vengo comemos cada uno el doble de esa cantidad entre comida y comida.” Entonces Suleimán-bin-Daoud se echó de bruces y dijo, “¡Oh Animal! Ofrecí esa cena para mostrar qué rey tan grande y rico soy, y no porque realmente quisiese ser amable con los animales. Ahora me siento avergonzado, y éste es mi escarmiento.”

Suleimán-bin-Daoud era un hombre realmente sabio, mis Queridísimos. Después de esto nunca olvidó que presumir era algo tonto; y ahora comienza el verdadero cuento.

Suleimán-bin-Daoud tenía muchas esposas. Tenía novecientas noventa y nueve esposas, aparte de la Bellísima Balkis; y todas vivían con él en un gran palacio de oro en medio de un encantador jardín con fuentes. No necesitaba, en verdad, novecientas noventa y nueve esposas, pero en aquellos tiempos todos tenían muchas esposas y, naturalmente, el Rey tenía que tener muchas más, simplemente para demostrar que él era el Rey.

Algunas de las esposas eran simpáticas, pero otras eran sencillamente insoportables, y las insoportables reñían con las simpáticas, con lo que las volvían insoportables también, y entonces todas reñían con Suleimán-bin-Daoud, lo que era insoportable para él. Pero la Bellísima Balkis nunca reñía con Suleimán-bin-Daoud. Lo amaba demasiado. Se lo pasaba sentada en sus aposentos del Palacio de Oro, o se paseaba por el jardín del Palacio, y se sentía sinceramente triste por él.

Por supuesto, si él hubiera querido darle vuelta al anillo en su dedo para llamar a los Genios y a los Espíritus, éstos hubieran hechizado a las novecientas noventa y nueve esposas reñidoras, transformándolas en mulas blancas del desierto o en galgos o en semillas de granada; pero Suleimán-bin-Daoud pensaba que eso sería presumir. Así que cuando ellas reñían demasiado, se iba a pasear a solas por un lugar de los hermosos jardines del Palacio y deseaba no haber nacido nunca.

Cierto día, cuando se habían pasado tres semanas riñendo—las novecientas noventa y nueve esposas juntas—, Suleimán-bin-Daoud salió en busca de paz y quietud como tenía por costumbre; y, entre los naranjos, encontró a la Bellísima Balkis, que estaba muy triste porque Suleimán-bin-Daoud se sentía tan preocupado. Y le dijo, “Oh mi Señor, Luz de mis Ojos, haz girar el anillo en tu dedo y muéstrales a estas Reinas de Egipto y de Mesopotamia y de Persia y de la China que eres el rey grande y terrible”. Pero Suleimán-bin-Daoud sacudió la cabeza y dijo, “Oh mi Señora, Delicia de mi Vida, recuerda al Animal que salió del mar y me hizo avergonzar delante de todos los animales del mundo porque yo había presumido. Ahora, si presumiese frente a estas Reinas de Persia y de Egipto y de Abisinia y de la China, sólo porque me afligen, podría tener que avergonzarme aún más que antes.”

Y la Bellísima Balkis dijo, “Oh mi Señor, Tesoro de mi Alma, ¿qué harás?”

Y Suleimán-bin-Daoud dijo, “Oh mi Señora, Contento de mi Corazón, seguiré soportando mi destino entre las manos de estas novecientas noventa y nueve esposas que me enfadan con sus continuas disputas”.

Así que siguió su camino por entre los lirios y los nísperos y las rosas y los juncos y las plantas de jengibre de pesado perfume que crecían en el jardín, y por fin llegó hasta el gran alcanforero que se llamaba el Alcanforero de Suleimán-bin-Daoud. Pero Balkis se escondió entre los altos iris y los bambúes moteados y los lirios rojos que estaban detrás del alcanforero, para no alejarse de su amado, Suleimán-bin-Daoud.

Poco después, dos Mariposas (un Señor Mariposo y su Señora) llegaron volando hasta el árbol, riñendo.

Suleimán-bin-Daoud oyó cómo el primero le decía a la segunda, “No sé cómo te atreves a hablarme de ese modo. ¿No sabes que si diera un pisotón el Palacio de Suleimán-bin-Daoud y su jardín, que aquí ves, desaparecerían inmediatamente en medio de un trueno?”

Entonces Suleimán-bin-Daoud, ante la fanfarronada del Mariposo, olvidó a sus novecientas noventa y nueve molestas esposas y se echó a reír, hasta que el alcanforero se sacudió. Estiró un dedo y dijo, “Hombrecito, ven aquí”.

El Mariposo se llevó un susto terrible, pero logró volar hasta la mano de Suleimán-bin-Daoud y se posó en ella, abanicándose. Suleimán-bin-Daoud inclinó la cabeza y susurró, “Hombrecito, bien sabes que todos tus pisotones serían incapaces de doblar una brizna de hierba. ¿Por qué le dijiste esa terrible mentira a tu esposa—porque no cabe duda de que es tu esposa”.

El Mariposo miró a Suleimán-bin-Daoud y vio que los ojos del sabio Rey titilaban como las estrellas en una noche helada, y reuniendo todo su coraje y ladeando la cabeza, dijo, “Oh Rey, ¡que para siempre vivas! En efecto, ella es mi esposa; y ya sabes cómo son las mujeres”.

Suleimán-bin-Daoud se sonrió entre sus barbas y dijo, “Sí, ya lo sé, hermanito”.

“De algún modo uno tiene que tenerlas a raya”, dijo el Mariposo, “y ella ha estado riñéndome toda la mañana. Dije eso para que se calmase.”

Y Suleimán-bin-Daoud dijo, “Ojalá que eso la calme. Vuelve con ella, hermanito, y déjame oír lo que dices.”

El Mariposo voló de vuelta hacia su señora, que estaba toda temblorosa detrás de una hoja y que le dijo, “¡Te oyó! ¡El mismísimo Suleimán-bin-Daoud te oyó!”

“¡Que me oyó!”, dijo el Mariposo. “Por supuesto que sí. Ésa era mi intención.”

“¿Y qué dijo? Oh, ¿qué dijo?”

“Bien”, dijo el Mariposo dándose grandes aires, “entre nosotros, querida mía—por supuesto que no le echo la culpa, porque su Palacio debe haber costado mucho y las naranjas recién están madurando—, me pidió que no diese el pisotón, y yo le prometí que no lo haría.”

“¡Recórcholis!”, dijo su esposa, y se quedó muy, muy quieta; pero Suleimán-bin-Daoud se rio hasta que las lágrimas corrieron por su rostro a causa del descaro del astuto Mariposo.

La Bellísima Balkis, de pie detrás del árbol, entre los lirios rojos, se sonrió en silencio, porque había oído toda la conversación. Pensó, “Si obro con prudencia podré salvar a mi Señor del acoso de estas Reinas pendencieras”, y extendió un dedo y le susurró a la Señora Mariposa, “Mujercita, ven aquí.” Allá fue la Señora Mariposa, muy asustada, y se posó en la blanca mano de Balkis. Balkis inclinó su hermosa cabeza y susurró, “Mujercita, ¿crees lo que tu marido acaba de decir?”

La Mariposa miró a Balkis, y vio que los ojos de la hermosísima Reina brillaban como profundos pozos de agua que reflejasen la luz de las estrellas, y reunió todo su coraje y dijo, “¡Oh Reina, por siempre seas adorable! Ya sabes cómo son los hombres.”

Y la Reina Balkis, la Prudente Balkis de Sheba, se llevó un dedo a los labios para ocultar una sonrisa y dijo, “Bien lo sé yo, Hermanita.”

“Se enfadan”, dijo la Mariposa, agitando rápidamente las alas, “por fruslerías, pero debemos llevarles la corriente, ¡Oh Reina! Nunca creen ni la mitad de lo que dicen. Si a mi marido lo hace feliz creer que yo creo que puede hacer desaparecer el Palacio de Suleimán-bin-Daoud de un pisotón, no soy yo quien lo voy a desmentir. Se habrá olvidado de todo al día siguiente.”

“Hermanita”, dijo Balkis, “tienes mucha razón; pero la próxima vez que se ponga a fanfarronear tómalo al pie de la letra. Pídele que dé el pisotón, y ya verás lo que ocurre. Nosotras sí que sabemos cómo son los hombres, ¿no es cierto? Se quedará muy avergonzado.”

Volando, la Señora Mariposa volvió junto a su marido, y a los cinco minutos ya estaban riñendo peor que nunca.

“¡Acuérdate!”, dijo el Mariposo. “¡Acuérdate de lo que puedo hacer si doy un pisotón!” “No te creo ni un poquito”, dijo la Señora Mariposa. “Me gustaría mucho verlo. ¿Qué tal si das el pisotón ahora mismo?”

“Le prometí a Suleimán-bin-Daoud que no lo haría”, dijo el Señor Mariposo, “y no quiero romper mi promesa”.

“Eso no tendría la menor importancia”, dijo su mujer. “No podrías doblar ni una brizna de hierba con tu pisotón. Te desafío a que lo hagas”, dijo ella. “¡Vamos! ¡Hazlo! ¡Da un pisotón!”

Suleimán-bin-Daoud, que seguía sentado bajo el alcanforero, oyó cada palabra, y rio como nunca lo había hecho en su vida. Se olvidó completamente de sus Reinas; se olvidó del Animal que salió del mar; se olvidó de su temor a presumir. No paraba de reírse, regocijado, y Balkis, del otro lado del árbol, se sonrió, al ver a su amado tan alegre.

En ese momento el Mariposo, excitado y jadeante, volvió a entrar, revoloteando, en la sombra del alcanforero y le dijo a Suleimán, “¡Quiere que dé el pisotón! ¡Quiere ver qué pasa, Oh Suleimán-bin-Daoud! Tú sabes que no puedo hacerlo, y ahora ya no creerá una sola palabra de lo que digo. ¡Se reirá de mí hasta el fin de mis días!”

“No, hermanito”, dijo Suleimán-bin-Daoud, “nunca volverá a reírse de ti”, e hizo girar el anillo en su dedo—sólo a causa de la Mariposa, no por presunción—, ¡y hete aquí que cuatro enormes Genios surgieron de la tierra!

“Esclavos”, dijo Suleimán-bin-Daoud, “cuando este caballero que está aquí en mi dedo” (allí es donde estaba posado el descarado Mariposo) “dé un pisotón con su pata izquierda delantera, haréis desaparecer en medio de un trueno mi Palacio y estos jardines. Cuando dé un segundo pisotón, los volveréis a depositar cuidadosamente en su lugar.”

“Ahora, hermanito”, dijo, “vuélvete con tu mujer y da el pisotón más fuerte que puedas.”

Volando se fue de vuelta el Señor Mariposo hacia su mujer, que estaba llorando. “¡Te desafío a que lo hagas! ¡Te desafío a que lo hagas! ¡Dale, vamos! ¡Da el pisotón!” Balkis vio cómo los cuatro enormes Genios se inclinaban en las cuatro esquinas de los jardines con el Palacio en medio, batió palmas suavemente y dijo, “¡Por fin Suleimán-bin-Daoud hará, por una Mariposa, lo que hace mucho tendría que haber hecho por sí mismo, y las pendencieras Reinas se llevarán un susto!”

Entonces el Mariposo dio su pisotón. De un tirón, los Genios lanzaron el Palacio y los jardines mil kilómetros hacia arriba por los aires: se oyó un trueno espantoso, y todo se puso negro como la tinta. La Señora Mariposa revoloteó en la oscuridad, lloriqueando. “¡Oh, seré buena! Lamento haber hablado. Haz que los jardines vuelvan a su sitio, mi queridísimo esposo, y nunca volveré a contradecirte.”

El Mariposo estaba casi tan asustado como su mujer, y Suleimán-bin-Daoud se rio tanto que pasaron varios minutos antes que volviese a encontrar el aliento para susurrarle, “Vuelve a dar un pisotón, hermanito. Devuélveme mi Palacio, mago supremo.”

“Sí, devuélvele su Palacio”, dijo la Señora Mariposa, que seguía revoloteando en la oscuridad como una polilla. “Devuélvele su Palacio, y olvidémonos de esta horrible magia.”

“Bien, querida”, dijo el Señor Mariposo con tanto ánimo como pudo, “ya ves a lo que condujeron tus regaños. Por supuesto, esto, para mí, es una minucia—estoy acostumbrado a esta clase de cosas—pero, como un favor especial hacia ti y Suleimán-bin-Daoud, voy a poner las cosas en su lugar.”

Así que dio un segundo pisotón, y al instante los Genios bajaron el Palacio y los jardines sin la menor sacudida. El sol brilló en las hojas verde oscuro de los naranjos; las fuentes jugaron entre los rosados lirios egipcios; los pájaros siguieron cantando, y la Señora Mariposa se recostó debajo del alcanforero, sacudiendo las alas y diciendo entre jadeos, “¡Oh, seré buena, seré buena!”

Suleimán-bin-Daoud apenas podía hablar de tanto que se reía. Se echó hacia atrás, sin fuerzas, y le dijo hipando al Mariposo, mientras lo señalaba con un dedo tembloroso, “¡Oh, gran hechicero, qué sentido tiene devolverme mi Palacio si al mismo tiempo me haces morir de risa!”

Entonces se oyó un ruido terrible, porque las novecientas noventa y nueve Reinas salieron corriendo del Palacio, chillando y clamando y llamando a sus niños. Bajaron precipitadamente los grandes escalones de mármol que llevaban a la fuente, en hileras de cien, y la Sapientísima Balkis avanzó majestuosamente a recibirlas y les dijo, “¿Por qué estáis tan trastornadas, oh Reinas?”

Se detuvieron sobre los escalones de mármol, en hileras de cien, y gritaron, “¿Que por qué estamos tan trastornadas? Nos encontrábamos tranquilamente en nuestro palacio dorado, como de costumbre, cuando de pronto el Palacio desapareció, y nos quedamos sentadas en una densa y ruidosa oscuridad; ¡y se oían truenos, y se veían Genios y Espíritus que iban y venían! Por eso estamos tan trastornadas, Oh Reina Principal, trastornadas a causa de ese trastorno, porque fue un trastorno trastornante, como ningún otro trastorno que nos haya trastornado.”

Entonces la Bellísima Reina—la Amadísima de Suleimán-bin-Daoud—Reina de Sheba y de Saba y de los Ríos de Oro del Sur—desde el desierto de Zinn hasta los de Zimbabwe—Balkis, casi tan sabia como el Sapientísimo Suleimán-bin-Daoud mismo, dijo, “No es nada. ¡Oh Reinas! Un Señor Mariposo se quejó de su señora porque ésta le reñía, y nuestro Señor Suleimán-bin-Daoud decidió enseñarle cómo hablar bajo y con humildad, pues ésa es una virtud entre las señoras mariposas.”

Entonces una Reina egipcia—hija del Faraón—se puso de pie y habló, “No es posible que nuestro Palacio sea arrancado de raíz como un puerro para darle una lección a un pequeño insecto. ¡No! Suleimán-bin-Daoud debe de haber muerto, y lo que oímos y vimos fue cómo la tierra se ensombrecía y tronaba por la noticia.”

Entonces Balkis le hizo a esa Reina atrevida, sin mirarla, una seña para que se acercase, y les dijo a todas, “Venid a ver.”

Descendieron los escalones de mármol, en hileras de cien, y debajo del alcanforero, debilitado aún por la risa, vieron al Sapientísimo Suleimán-bin-Daoud que se mecía de atrás para adelante con una mariposa en cada mano, y oyeron cómo les decía, “Oh esposa de mi hermano del aire, recuerda después de esto que tienes que complacer a tu esposo en todo, no vaya a ser que él vuelva a dar el pisotón, porque ha dicho que está acostumbrado a este pase de magia y es un grande y eximio mago—capaz de escamotear el mismo Palacio del mismísimo Suleimán-bin-Daoud. ¡Qué la paz sea con vosotros, amiguitos!” Y les dio un beso en las alas, y las mariposas se fueron volando.

Entonces todas las Reinas, salvo Balkis—la Bellísima y Espléndida Balkis, que se mantenía aparte, sonriendo—se echaron de bruces, porque se dijeron, “Si todo esto ocurre porque un Mariposo se ha disgustado con su señora, ¿qué nos espera a nosotras, que hemos ofendido a nuestro Rey con nuestra vocinglería y nuestras riñas durante tanto tiempo?”

Entonces se cubrieron las cabezas con sus velos, y las bocas con las manos, y en puntas de pie se volvieron al Palacio, discretas como ratoncitos.

Entonces Balkis—la Bellísima y Excelentísima Balkis—avanzó por entre los lirios rojos, entró en la sombra del alcanforero y puso su mano en el hombro de Suleimán-bin-Daoud y dijo, “Oh mi Señor y Tesoro de mi Alma, regocíjate, pues les hemos dado a las Reinas de Egipto y Etiopía y Abisinia y Persia y la India y la China una grande e inolvidable lección.”

Y Suleimán-bin-Daoud, quien aún seguía con los ojos a las mariposas, que jugaban al sol, dijo, “Oh mi Señora, Joya de mi Felicidad, ¿cuándo ocurrió eso? Porque yo he estado bromeando con una Mariposa desde que entré en el jardín.” Y le contó a Balkis lo que había hecho.

Balkis—la tierna y Adorabilísima Balkis—dijo, “Oh mi Señor y Regente de mi Existencia, me escondí detrás del alcanforero y lo vi todo. Fui yo quien le dijo a la Señora Mariposa que le pidiera a su marido que diese el pisotón, con la esperanza de que, para seguir la broma, mi Señor hiciese algún gran pase de magia y que las Reinas lo vieran y se espantasen.” Y le contó lo que las Reinas habían dicho y visto y pensado.

Entonces Suleimán-bin-Daoud se levantó de su asiento bajo el alcanforero y estiró los brazos y se regocijó y dijo, “Oh mi Señora y Endulzadora de mis Días, debes saber que si yo hubiera usado mi magia contra mis Reinas por presunción o cólera, como preparé aquel festín para todos los animales, ciertamente hubiera tenido que avergonzarme. Pero gracias a tu sabiduría he usado mi magia sólo para bromear y por una pequeña Mariposa, ¡y hete aquí que me he librado también de las molestias de mis molestas esposas! Así que dime, Oh Señora mía y Corazón de mi Corazón, ¿cómo llegaste a ser tan sabia?”

Y la Reina Balkis, hermosa y alta, levantó los ojos hacia los de Suleimán-bin-Daoud y ladeó un poquito la cabeza, igual que el Mariposo, y dijo, “En primer lugar, ¡Oh mi Señor!, porque te amo; y en segundo lugar, ¡Oh mi Señor!, porque conozco a las mujeres.”

Tras lo cual volvieron al Palacio y fueron por siempre felices.

¿No es verdad que Balkis estuvo muy lista?


Traducción de Carlos Cámara